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On compte plus de 600 espèces dans le genre Cassia,
des arbres juqu'aux herbes et aux sous-arbrisseaux, beaucoup sont décoratifs
par leurs feuilles et leurs fleurs jaunes.
Ce sont des plantes des pays tropicaux et subtropicaux, principalement du
nouveau monde.
On les classe dans la famille des Caeasalpiniaceae, associés aux Mimosaceae
et aux Fabaceae (anciennement Papilionaceae: haricot, petit pois, trèfle etc..)
on peut les regrouper dans la superfamille des légumineuses .
Les feuilles et les gousses des deux espèces ont
une composition voisine.
Quand elles sont fraîches, juste récoltées, on y trouve des glucosides qui
au séchage vers 40°C se dimérisent par un processus enzymatique et donnent
des hétérosides (dianthroniques)(voir lexique): les sennosides A,B,C,D.
Les sennosides A et B sont majoritaires, ce sont des anthracénosides (voir
lexique), composés dérivés de l'anthrone (donnant par oxydation l'anthraquinone)
et que l'on retrouve dans d'autres familles végétales importantes en pharmacologie:
aloès, rhubarbe, bourdaine, cascara, nerprun.
Le devenir de ces sennosides et des composés voisins
dans le tube digestif est intéressant mais complexe.
Ils ne sont ni résorbés ni hydrolysés avant d'atteindre le colon où,
sous l'action de la flore intestinale, ils sont hydrolysés et les anthrones
libérées, ce sont les formes actives. Le sennoside est une forme de transport
jusqu'au colon. Curieusement les anthrones sont inefficaces si elles sont
absorbées libres ou hydrolysées trop tôt (dans l'intestin grêle) car elles
sont alors excrétées par voie urinaire après glucuroconjuguaison hépatique.
Les anthrones agissent sur la motilité intestinale, renforçant le péristaltisme
du colon gauche et du sigmoïde tout en augmentant la quantité de liquide dans
le colon par inhibition de la résorption d'eau, d'où un puissant effet laxatif
qui peut devenir purgatif chez certains ou si la quantité de sennosides est
trop importante. Un effet direct sur la muqueuse n'est pas noté mais des travaux
se poursuivent sur la toxicité éventuelles des anthraquinones.
Les feuilles renferment peu de dérivés anthracéniques mais des flavonoïdes (voir lexique) en abondance (vitexine).
Une toxalbumine est présente dans les graines fraîches; dans les racines, on trouve des dérivés anthroniques du type chrysophanol, ou de l'anthraquinone dans les racines les plus âgées.
Les feuilles sont fébrifuges (voir lexique) et provoquent une transpiration abondante; elles augmentent aussi la diurèse et sont légèrement laxatives. la racine est également diurétique et un peu plus laxative que les feuilles.
Les graines une fois torréfiées sont un succédané du café, les composants toxiques étant détruits par par la torréfaction, mais il n'y a ni caféine ni substance à effet stimulant dans ce "café batard".
| CASSIA
ANGUSTIFOLIA CASSIA SENNA ( séné ) |
| CASSIA FISTULA (casse ou canéficier) |
| CASSIA ALATA (dartrier ou épis d'or) |
| CASSIA OCCIDENTALIS (casse puante) |
Le séné et de très nombreuses préparations qui en renferment sont donc
employés comme laxatif.
On peut utiliser les folioles et les gousses sèches (sans les graines) en
infusion:
5 à 20 g par litre, une tasse le soir.
On trouve aussi la poudre de séné et des extraits (sennosides A et B, sennosides
calciques). On estime la dose journalière efficace à 25 mg par jour calculée
en sennosides.
Il existe une teinture mère (voir lexique) de C. angustifolia , 50
gouttes par jour.
Il y a toujours un temps de latence de plusieurs heures entre l'absorption
du séné et son effet laxatif, c'est bien sûr dû au temps nécessaire
pour qu'il arrive au niveau du colon et y soit transformé par les bactéries
avant d'agir vraiment.
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Résistant à la sécheresse, il n'est pas consommé par les animaux et c'est parfois une des rares plantes survivant dans les lieux hyper-pâturés. Il porte divers noms vernaculaires: casse puante, café batard, faux kinkéliba.
Le C. occidentalis ne fait pas partie de la pharmacopée européenne.
En Afrique et aux Antilles il était considéré comme un bon fébrifuge et sudorifique:
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Toutes les parties de la plante contiennent des anthracénosides (dérivés
de la rhéine et de l'anthraquinone) en quantité supérieure au séné officinal
(voir plus haut)
Le dartrier est donc potentiellement un purgatif énergique mais c'est plutôt
ses propriétés antibiotiques antimycosiques et antiparasitaires qui ont été
reconnues.
C'est un remède universel, dans les pays pauvres, pour soigner des dermatoses diverses: exzéma surinfecté; ulcères tropicaux, herpès circiné (mycose cutanée), parasitoses cutanées surinfectées.
On applique sur les lésions:
Les praticiens traditionnels recommandent de bien
frotter les lésions mycosiques avec cette pâte.
L'infusion de feuille est laxative: 8 feuilles dans un litre d'eau bouillante,
une à deux tasses par jour.
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La gousse se présente comme un cylindre de 2 à 4 cm de diamètre, les graines sont aplaties et la pulpe jaune brun à noirâtre à maturité, riche en pectine et mucilage (voir lexique), contient 0,2 à 3% de dérivés anthracéniques et de composants analogues aux sennosides A et B du séné. La pulpe est donc laxative mais de façon plus douce que le véritable séné.
ATTENTION, les remarques sur l'usage des laxatifs anthracéniques ( voir séné) sont également valables pour le canéficier bien que ce dernier soit plus doux (faible concentration des substances actives et présence de mucilage).
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Pour lutter contre la constipation Le séné et le canéficier renferment des composés, dans leurs feuilles ou dans leurs fruits, qui augmentent la quantité d'eau dans le gros intestin et provoquent des contractions favorisant l'expulsion des matières fécales. Attention cependant à ne pas en abuser, il est toujours préférable de trouver un équilibre alimentaire (fibres, mucilage) qui aidera à régulariser l'activité de l'intestin. |