OBESITE, SURPOIDS ET PLANTES MEDICINALES (I)



Première partie : l'épidémie mondiale d'obésité, physiologie du surpoids, conséquences de l'obésité   
Deuxième partie : traitement classique de l'obésité et du surpoids, plantes médicinales et obésité  
Troisième partie : obésité et plantes médicinales, comment maigrir durablement grâce à la phytothérapie ?


OBESITE, UNE EPIDEMIE MONDIALE

Selon l’International Obesity Task Force, aux alentours de 2006, le monde comptait environ 300 millions d’obèses et peut-être 800 millions de personnes en surpoids.
D'autres études épidémiologiques évaluent à 1 milliard 500 millions les personnes en surpoids dans le monde. On estime donc qu '1/4 à 1/5 de la population mondiale est trop grosse ! Aux Etats-Unis, où le problème de l'obésité est plus étudié que nulle part ailleurs, les autorités sanitaires estiment qu'en moyenne 33% des hommes, 36% des femmes, 12% des adolescents et 14% des enfants présentent un sérieux excès de poids. En France environ 25% des femmes et 18% des hommes sont trop gros.

Mais la répartition des personnes en surpoids ou obèses à l'intérieur du pays et entre les classes d'âges est très inégale. Quelques exemples en France : il y aurait 16,5% de gens en surpoids en Basse Normandie contre 32,7% en Alsace. Si l'on se réfère à l'âge, en moyenne, 1,7% des enfants de 6 ans seraient trop gros, 6,5 % à 14 ans et 20% des adultes devraient maigrir.

Si en France une personne sur dix est réellement obèse, en Polynésie (Tahiti, Wallis et Futuna) 70% des habitants ont un surpoids important.

L'augmentation de l'obésité infantile est un phénomène préoccupant surtout quand on sait qu'un enfant obèse deviendra probablement un adulte obèse. En France une étude récente sur des enfants de 10 mois et de 8 ans a montré qu'au lieu du pourcentage prévisible d'obèse de 3% on en trouvait 10% ! Une augmentation du nombre d'enfants obèses, semblable sinon plus importante, s'observe dans la majorité des pays développés. Seule la Finlande a réussi semble-t-il à enrayer cette épidémie d'obésité infantile.


L’obésité est un phénomène mondial, elle augmente partout dans le monde à un rythme étonnant mais c'est une épidémie récente (des 30 dernières années). Les pays en développement, où obésité et dénutrition coexistent, sont également touchés. Dans certains de ces pays nouvellement industrialisés les autorités sanitaires doivent parfois faire face à la fois à une épidémie d'obésité et à une augmentation de la dénutrition d'une partie de la population. L'obésité commune est une maladie multifactorielle, son traitement repose en premier lieu sur la modification des habitudes alimentaires avec souvent une restriction alimentaire, un régime, un changement de comportement, mais il se solde souvent par un échec.
Les plantes ou les extraits de plantes peuvent aider à maigrir, à consolider une perte de poids difficilement acquise et à lutter contre les complications de l'obésité et du surpoids.


DEFINITIONS ET MESURE DU SURPOIDS ET DE L'OBESITE

Selon l'OMS (organisation mondiale de la santé) qui étudie aussi bien l'obésité que la dénutrition, l’obésité peut être simplement définie comme la maladie au cours de laquelle un excédent de masse grasse s’est accumulé jusqu’à avoir des effets indésirables sur la santé.
Toutefois, la quantité de graisse en excès, sa répartition dans l’organisme et les troubles de la santé qui lui sont associés montrent des variations considérables d’un sujet obèse à l’autre.
En moyenne, l'homme "normal" possède 10 à 15% de graisse (on parle donc d'obésité quand cette masse est supérieure à 15%), chez la femme "normale", il y a 20 à 25% de masse grasse (obésité = supérieure à 25%).
Il y a plusieurs façons d'estimer le pourcentage de masse grasse. Chez l'adulte, un moyen simple et assez universel, est d'estimer l'indice de corpulence (ou indice de masse corporelle) avec deux mesures très faciles à obtenir, le poids et la taille.

L'indice de masse corporelle (IMC) est égal au rapport du poids sur le carré de la taille : (P/T² : P = poids en kg, T = la taille en m).
Un IMC inférieur à 18.5 signifie qu'on est trop maigre.
On est trop gros quand l'IMC est supérieur à 25 chez l'homme et 27 chez la femme.
On est obèse quand l'IMC est supérieur à 30 dans les deux sexes.
L'obésité est grave (morbide) quand l'IMC est supérieur à 40.
Prenons un exemple : pour une taille d' 1,75 m et un poids de 67 kg, l'IMC = 67 / 1,75 x 1,75 = 21,8 ;
le poids est parfaitement normal.
Autre exemple : pour une taille d'1,75 et un poids de 85 kg, l'IMC = 85 / 1,75 x 1,75 = 27 ;
le poids est trop élevé.
Cet indice a des points de faiblesse et doit être "interprété", entre autres en fonction de l'âge, de l'origine ethnique et de la musculature du sujet. Une personne très musclée, et avec une puissante charpente osseuse, pourra avoir un IMC élevé sans réelle surcharge pondérale. Le pourcentage de masse grasse augmente physiologiquement avec l’âge jusqu'à 60-65 ans, on doit en tenir compte pour estimer le degré d'obésité ou de surpoids. Pour illustrer les différences entre ethnies : pour un même poids on remarque le plus souvent qu'un polynésien possède un pourcentage inférieur de graisse qu'un européen. Par contre un Aborigène d’Australie (grand et mince) peut être considéré en surpoids pour un indice de masse corporel égal à 22-23, soit un indice normal pour un européen. L'indice de masse corporelle n'est pas utilisable chez l'enfant. Il faut se référer à des tables de croissance pour évaluer l'existence ou non d'un surpoids ou d'une obésité infantile.

QUELLES SONT LES DIFFERENTS TYPES D'OBESITE DE L'ADULTE ?

La graisse se répartit de différente façon dans l'organisme. Il est assez important de déterminer cette répartition de la graisse, car l'impact sur la santé n'est pas le même selon la localisation du surpoids. Dans l'obésité ou le surpoids de type féminin (gynoïde), l’excès de graisse se situe au niveau des hanches, des fesses et des jambes. Dans l'obésité ou le surpoids de type masculin (androïde), l'excès de graisse se situe au niveau des organes abdominaux, sur la paroi abdominale et parfois sur le haut du dos. Il y a aussi des types mixtes, surtout quand l'obésité est très importante.
Cette classification est un peu simpliste et ne reflète pas la variété des types humains. Néanmoins, on estime que l'obésité de type féminin n'est pas aussi grave que celle de type masculin. Ce dernier type d'obésité s'accompagne plus souvent de troubles métaboliques sérieux : diabète de type II avec apparition d'une résistance à l'insuline, troubles des lipides sanguins (cholestérol et triglycérides) et troubles cardio-vasculaires associés, risque accru de cancers.
Les kilos de trop, ceux qui sont potentiellement dangereux pour la santé, sont essentiellement localisés au niveau de la ceinture et cachés dans les organes abdominaux. La mesure du tour de taille est un moyen simple et pratique qui permet de savoir si la surcharge graisseuse se situe au niveau de l'abdomen. Il y a danger quand le tour de taille atteint et dépasse 1 mètre pour les hommes et 95 cm pour les femmes. La encore, on doit "interpréter" cette mesure en fonction de la taille de la personne.

POURQUOI ET COMMENT GROSSIT-ON ? COMMENT DEVIENT-ON OBESE?
POURQUOI EST-IL SI DIFFICILE DE MAIGRIR ?

La possibilité de grossir est un legs des temps anciens, quand nos ancêtres "des cavernes" devaient absolument stocker le maximum de nourriture quand elle était disponible. Le mieux étant bien sur de la conserver sur soi disponible à tout moment.
Cette capacité à emmagasiner de la graisse et à l'utiliser secondairement a permis à l'humanité de survivre malgré les famines récurrentes. Dans certaines populations, il y a même eu sélection des plus aptes à faire du gras comme par exemple chez les Polynésiens (Maoris). En effet, les variations climatiques dans la région du Pacifique (nino, nina, cyclones) provoquaient dans ces îles très isolées des famines qui pouvaient durer de nombreuses semaines ou mois. Aujourd'hui, avec la diminution du travail physique, l'abondance alimentaire et la diminution des besoins énergétiques, cet "avantage" génétique devient négatif, il favorise l'apparition de l'obésité.


Les spécialistes estiment que l'obésité est en moyenne pour 25 à 30 % des cas en partie génétique et pour le reste lié au comportement alimentaire et physique : quand les deux parents sont normaux ou maigres, le risque de devenir gros à son tour à l'âge adulte est inférieur à 10%. Quand l'un des deux parents est gros, ce risque atteint environ 40% et atteint 80%, si les deux le sont.

On grossit principalement parce qu'on absorbe plus de calories (sous forme d'aliments) qu'on en utilise. Il y a déséquilibre entre l'apport alimentaire et la dépense énergétique globale. Rappelons que l'accumulation des corps gras dans les cellules graisseuses (adipocytes) est quelque chose de tout à fait normal, quotidien.
Plusieurs mécanismes physiologiques permettent de transformer ce qu'on mange en corps gras, immédiatement stockable dans le tissu graisseux sous forme de triglycérides. Ces corps gras stockés seront utilisés à la demande à l'occasion d'un effort prolongé ou pendant une période de jeune par exemple.
C'est l'augmentation du nombre d'adipocytes, leur hypertrophie et le dérèglement de leur activité qui provoque l'accumulation de la graisse jusqu'à l'obésité morbide.

On sait que le poids "moyen" est un paramètre remarquablement stable au cours de la vie adulte. On grossit durablement quand le déséquilibre alimentaire-énergétique est chronique et modifie à la fois le nombre de cellules graisseuses(augmentation) et leur régulation ; les mécanismes physiologiques qui maintenaient le poids presque constant sont déréglés, on prend du poids inexorablement. Ce surpoids se stabilisera sans doute mais à un niveau supérieur.
On grossit durablement quand les cellules graisseuses accumulent les triglycérides (corps gras) mais ne "savent" plus les libérer quand l'organisme en a besoin. S'ajoutent à ce déséquilibre énergétique lié à l'alimentation, des raisons hormonales (puberté, grossesse, perturbation endocrine lié au stress chronique), une moins bonne régulation du métabolisme des glucides et des lipides liée au vieillissement (on grossit en vieillissant), des raisons diététiques (alimentation trop riche en graisse immédiatement stockée dans les adipocytes et alimentation artificiellement riche en saccharose et en fructose), et peut-être un environnement et une alimentation pollués par des pesticides ou des adultérants alimentaires (colorants, modificateur du goût, arômes) qui modifient insidieusement notre métabolisme, dès l'enfance.

On connaît un peu mieux la régulation de la masse grasse. Le centre directeur se situe à la base du cerveau (l'hypothalamus) où de nombreux signaux sont intégrés, principalement :

Quand la régulation du poids est perturbée, que l'on grossit, jusqu'à l'obésité, il n'est pas du tout facile de revenir à son poids antérieur. En suivant un régime et en augmentant la dépense énergétique (activité physique), on maigrira, évidemment, mais les signaux en provenance du tissu adipeux (même en partie vidé de sa graisse) et du centre de la régulation du poids iront tous dans le même sens : regagner le poids si difficilement perdu pour retrouver presque exactement le poids précédant le régime.



QUELS SONT LES DANGERS POUR LA SANTE DE L'OBESITE OU DU SURPOIDS ?

La santé est profondément et durablement altérée par une augmentation importante et prolongée de la masse grasse.

complications mécaniques : la surcharge permanente du poids entraîne une "usure" prématurée des articulations (arthrose), une augmentation du risque de fracture osseuse, un essoufflement qui peut devenir permanent et une augmentation du travail cardiaque.

complications métaboliques : le surpoids durable modifie profondément la régulation des lipides et des glucides pour aboutir à ce que les physiologistes appellent le "syndrome métabolique" qui associe : augmentation du poids et augmentation du tour de taille à une élévation de la tension artérielle, une élévation de la glycémie et une anomalie des lipides sanguins (triglycérides et cholestérol). Au centre de ce syndrome il y a l' "insulinorésistance" : l'incapacité des tissus normalement sensibles à cette hormone à répondre de façon normale à l'action de l'insuline. Une explication de ce phénomène pathologique dépasse le cadre de cette page Internet. Cette résistance des tissus cibles à l'insuline peut s'accompagner assez rapidement d'un épuisement des cellules pancréatiques qui sécrètent l'insuline avec pour conséquence un diabète grave.
L'insulino-résistance s'accompagne aussi d'une anomalie des triglycérides et du cholestérol sanguin et de phénomènes inflammatoires qui favorisent l'athérosclérose (troubles cardio-vasculaires et hypertension, altérations des reins).

augmentation des cancers : les études épidémiologiques comfirment l'augmentation des cancers hormonodépendants chez les personnes en surpoids ou obèses : cancers génitaux et du sein chez la femme, cancer de la prostate chez l'homme.

perturbation de la vie sociale et professionnelle, troubles psychologiques : l'obésité fut admirée voire vénérée mais elle ne l'est plus sauf exceptions comme dans certains pays arabes. Cette "épidémie" mondiale de l'obésité est un fait de société, elle correspond à une modification importante de notre façon de manger, de nous mouvoir, de nous chauffer, de vivre en général. Les nutritionnistes et les épidémiologistes sont d'accord : il faut faire de la prévention, empêcher que le surpoids s'installe. L'obésité est difficile à combattre. Il existe néanmoins des moyens pour limiter l'excès de poids et les complications qui l'accompagnent.



 

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