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NUMERO 6

Dans ce magazine :

VIH, SIDA et le Mamala : la prostratine.

La feuille de coca il y a trente ans

Actualités pharmacologiques : le Noni

Petites annonces des producteurs de plantes médicinales et de phytomédicaments

Sommaire numéro 6



IL Y A TRENTE ANS : 
"UTILISATION DE LA FEUILLE DE COCA DANS LA MEDECINE MODERNE".

Quand on relit des revues scientifiques ou médicales qui datent de quelques dizaines d'années, on est parfois très étonné de l'évolution du jugement scientifique sur certains médicaments ou traitements.
A l'occasion d'un symposium qui réunissait, à Quito, en Equateur, en 1979, des spécialistes mondiaux de l'arbre à coca (Erythroxylon ou Erythroxylum), le Dr Andrew T Weil, médecin et ethnologue Américain, fit une conférence sur l'utilisation possible de la feuille de coca en médecine contemporaine(1).
Sa présentation fut publiée ultérieurement dans un journal spécialisé (2).
Je donne ci-dessous, traduits de l'Américain, des extraits de cette publication.
Ceux qui ont vécu en Bolivie ou au Pérou savent que l'usage de la feuille de coca est quotidien dans ces pays, pour ses effets "agréables" ou stimulants, et comme plante médicinale, principalement en cas de troubles digestifs ou de la sphère buccale.

LAISSONS PARLER LE DR WEIL en 1979 :

"Sur la base de l'observation de consommateurs réguliers de coca, après étude des documents scientifiques ayant trait à la coca, et en me basant sur ma propre expérience clinique, je recommanderais l'utilisation de la feuille de coca comme suit :

" Je propose ces utilisations de la feuille de coca en me basant sur ma propre expérience. Pendant les nombreuses années où j'ai résidé dans les pays où les gens consomment de la coca, Colombie et Pérou, j'ai eu la possibilité de soigner beaucoup de mes patients avec cette feuille.
Mes patients étaient des Colombiens et des Péruviens non Indiens ainsi que des visiteurs Nord américains.
Je leur prescrivais d'abord la coca en infusion et ensuite sous forme de "chique" (masticatoire), selon la méthode traditionnelle, avec l'apport d'une substance alcaline (des cendres végétales ou du bicarbonate de soude)... Je me suis aperçu que l'infusion était moins active que le masticatoire conservé dans la bouche pendant 45 minutes, bien que calmante en cas de troubles digestifs.
En augmentant la quantité de substance alcaline on augmente l'effet de la feuille de coca.
Je prescrivais en général 5 à 10 gr de feuilles, à prendre aussi fréquemment que toutes les 4 heures, mais pas plus à cause du risque possible d'énervement exagéré.
Sur les 250 patients que j'ai traité avec la feuille de coca, seuls 12 trouvèrent déplaisant le goût de la coca."

" Pour un usage médical, la feuille de coca doit être relativement fraîche, d'une bonne variété et en bon état. Les feuilles perdent leur odeur et leur pouvoir thérapeutique après quelques semaines à moins qu'elles aient été correctement séchées, pressées et conservées. "

" Il est illusoire d'imaginer que des occidentaux accepteront de mâcher une poignée de feuilles et d'en faire une chique. Un extrait total et standardisé de la feuille de coca pourrait être incorporé dans une pâte à mâcher (chewing gum) "
" Beaucoup de personnes confondent coca et cocaïne ; comme la cocaïne est une drogue dure, il est nécessaire de bien faire la différence entre la feuille entière de coca et l'alcaloïde purifié. J'ai vécu longtemps auprès des Indiens des Andes et d’Amazonie, au Pérou et en Colombie, sans jamais observer chez eux de signes de détérioration physique liés à la consommation de feuilles de coca.
Je n'ai pas non plus observé de signes de dépendance physique ou psychologique à la feuille de coca. Même ceux qui consomment depuis très longtemps la coca n'augmentent pas leur consommation journalière et il n'y a pas de développement d'accoutumance ni de syndrome de sevrage de la feuille de coca...
J'ai observé que la consommation excessive de coca était une réalité dans les communautés indiennes où les conditions socio-économiques étaient très mauvaises mais sans que l'usage de la coca soit la cause de cette situation désastreuse..... Plusieurs facteurs limitent la consommation de feuilles de coca. La quantité de cocaïne absorbée en mâchant les feuilles est faible et pénètre lentement dans l'organisme. De plus mâcher des feuilles est beaucoup plus contraignant et beaucoup moins facile que d'avaler une pilule ou de "sniffer" de la poudre. Ce supplément de travail lié à la consommation de la feuille de coca est un garde fou naturel à l'augmentation de sa consommation... "



CONCLUSIONS
" Il y a une demande croissante pour des agents thérapeutiques plus naturels et avec moins d'effets secondaires désagréables. La feuille de coca apparaît toujours sans danger après plusieurs milliers d'années de consommation humaine. Elle est moins toxique et plus efficace que certains médicaments modernes régulièrement utilisés.
Elle permet de soigner avec succès des troubles qui n'ont pas de traitement classique satisfaisant et elle régularise les fonctions corporelles de façon inégalée par les médicaments modernes.....
Si les médecins pouvaient connaître et apprécier les propriétés uniques de cette plante, ce pourrait être un apport très utile à la science thérapeutique contemporaine "

" RESUME :
la coca semble être utile pour soigner divers troubles gastro-intestinaux, le mal des transports, la fatigue des cordes vocales. On peut l'associer à un régime amaigrissant, à un régime de préparation à l'effort physique et l'utiliser comme antidépresseur d'action rapide. Elle peut être utile pour aider au sevrage de substance stimulante plus forte.
La coca régularise le métabolisme glucidique et pourrait être à l'origine d'une nouvelle approche thérapeutique du diabète ou de l’hypoglycémie. De faibles doses régulièrement administrées semblent normaliser les fonctions corporelles.
La feuille de coca n'est pas toxique et n'engendre pas de dépendance physique. La coca pourrait être présentée sous forme de pâte à mâcher qui contiendrait un extrait total de la feuille de coca (alcaloïdes, huile essentielle et substances nutritives). "

Le gouvernement de Bolivie fait « timidement », depuis 2007, à l’instigation de son président Evo Morales (dont la famille cultive la coca), la promotion de la feuille de coca comme plante médicinale et certains Boliviens parlaient même de refaire une véritable boisson à la coca . Néanmoins la législation internationale est assez stricte : le commerce des feuilles de coca est maintenant, en 2008, très réglementé au même titre que la culture des différentes variétés d’Erythroxylum . Dans la majorité des pays la possession de feuilles de coca est un délit , mais il est fréquent de trouver des infusettes de coca (mate de coca) dans les magasins en Amérique du sud, même dans des pays où la coca est totalement interdite.


Notes

1 - Symposium on Erythroxylon: New Historical and scientific aspects Sponsored by the Botanical Museum of harvard University and Casa de la Cultura del Ecuador, Quito, Equateur 3-5 decembre 1979
2 - Journal of Ethnopharmacology, 3 (1981) 367-376 The therapeutic value of coca in contemporary medicine Dr Andrew T Weil Botanical Museum, Harvard University Cambridge, MA, USA

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