PLANTES MEDICINALES
ET DIABETE


INTRODUCTION ET GENERALITES

Le diabète (sucré) est la maladie (ou plutôt le syndrome) endocrinien le plus répandu.
On estime les diabétiques à plus de 100 millions dans le monde et ce chiffre, ainsi que le pourcentage de la population touchée, sont en progression constante (aux alentours de 6% dans les pays « riches »).

Plusieurs causes ou facteurs en sont responsables :

  • certainement un meilleur diagnostic de l’état diabétique du à une plus grande facilité et une plus large détection (au niveau géographique) des troubles de la glycémie,
  • certainement aussi une augmentation du pourcentage de la population touchée
    par ce « désordre » métabolico-endocrinien dans les pays riches où le coût relatif de l’alimentation a considérablement baissé et ou le stress quotidien a augmenté mais aussi dans beaucoup de pays « en développement » ; c’est même dans ces derniers que l’augmentation est la plus rapide.


Il faut différencier les deux types classiques de diabète :

  • le diabète insulino-dépendant ( type 1, ou diabète maigre ou diabète du jeune) qui représente 20 à 25% des diabétiques, se révélant généralement assez tôt et qui relève principalement d’un traitement par l’insuline avec surveillance stricte de l’alimentation (de l’apport de glucide),
  • les diabètes non insulino-dépendants ( type2 , diabète gras ou de la personne âgée) qui se révèlent plus tardivement et sont équilibrés le plus souvent par un régime (amaigrissant) hypocalorique-hypoglucidique avec ou sans traitement médicamenteux associé (principalement des sulfamides hypoglycémiants, des biguanides , l’insuline).


C’est ce dernier type de diabète qui semble en progression constante et qui peut être soigné par la phytothérapie.

 

Principaux traitements médicamenteux:

L’insuline est une hormone naturelle de régulation du métabolisme du glucose (le principal « sucre » du sang), sécrétée par le pancréas ;

elle diminue la teneur en glucose du sang (glycémie) en agissant à plusieurs niveaux :

  • par augmentation de la « capture » du glucose sanguin au niveau du foie et des muscles et de sa transformation en une substance de réserve, le glycogène,
  • par diminution de l’opération inverse (dégradation du glycogène),
  • par augmentation de la transformation du glucose en graisse (stockée),
  • et par augmentation de la synthèse des protéines à partir du glucose.

Les autres médicaments antidiabétiques sont artificiels :

  • les sulfamides hypoglycémiants augmentent de façon temporaire la sécrétion naturelle d’insuline,
  • les biguanides (inactifs chez le sujet non diabétique) augmentent l’utilisation du glucose par l’organisme, améliorent l’efficacité de l’insuline, diminuent la dégradation du glycogène et aussi diminuent l’absorption intestinale du glucose.

 

Le diabète est un désordre métabolique à l’origine (ou pathogénie) complexe qui peut entraîner des accidents graves (coma hypo ou hyper glycémique) mais qui s’accompagne aussi de complications secondaires variées parfois plus difficiles à soigner que le trouble principale de la glycémie, liées à une perturbation du métabolisme des graisses (cholestérol, lipoprotéines) et à une augmentation de la création de « radicaux libres » chimiquement très réactifs et qui modifient le fonctionnement des cellules voire entraîne leur destruction.
Parallèlement on observe des microréactions inflammatoires dans de nombreux tissus et surtout au niveau des petits vaisseaux sanguins ; la circulation sanguine est diminuée, les troubles trophiques et les infections favorisées.
Si les médicaments synthétiques antidiabétiques permettent le plus souvent de contrôler le taux de glucose sanguin, ils n’agissent en général pas sur les complications.

 
PHYTOTHERAPIE ET DIABETE

 

Le diabète est une maladie ancienne dont les symptômes classiques : faim et soif importante avec augmentation du volume d’urine, maigreur ou au contraire obésité, risque de coma, sont bien connus par la majorité des guérisseurs ou tradipraticiens ;
de nombreuses plantes sont considérées traditionnellement comme antidiabétiques certaines sont à l’origine de la mise au point de médicaments ex : le biguanide metformine grâce au Gallega officinalis.
Devant l’augmentation considérable du nombre de diabétiques dans les pays dont le « niveau de vie » s’améliore (ex Inde, Chine, sud-est asiatique, pourtour méditerranéen), de nombreux chercheurs ont évalué l’action pharmacologique de ces plantes traditionnelles et donc leur intérêt en médecine quotidienne dans ces pays où les médicaments synthétiques sont malgré tout assez chers et où la tradition de médecine par les plantes est bien ancrée dans les mœurs ( ex : au Maroc, une enquête dans un groupe de diabétiques (type 2) révèle que 25% n’utilisent que des plantes pour se soigner).
Dans les pays « riches » où le traitement du diabète (insuline- médicaments) est d’un accès facile, il est apparu intéressant d’utiliser la phytothérapie seule ou en complément pour diminuer la dose de médicaments synthétiques mais aussi parce que certains phytomédicaments semblent en même temps capables de lutter contre les complications du diabète (sclérose des vaisseaux sanguins, dépôt athéromateux, artérites et artériolites, hypertension, infections.)

 

Deux types de substances végétales semblent intéressantes :
celles qui agissent à la manière de l’insuline ou des autres médicaments hypoglycémiants :

  • en empêchant l’absorption du glucose au niveau intestinal
  • en augmentant la synthèse et la libération de l’insuline pancréatique
  • en diminuant celle du glucagon
  • en accélérant la consommation du glucose sanguin (absorption dans les cellules, synthèse du glycogène, des graisses ou des protéines).


D’autres , principalement des tanins,

  • agissent sur le diabète lui-même au niveau cellulaire en favorisant l’action de l’insuline ( en diminuant la résistance à l’insuline)
  • et sur les complications du diabète par leur pouvoir antioxydant et antienzymatique, neutralisant l’effet des radicaux libres et limitant la réaction inflammatoire dans les différents tissus.

Certains extraits de plantes contiennent parfois ces deux types de substances.

 
EXEMPLES DE PLANTES UTILISABLES
pour soigner le diabète (de type2) et ses complications
 
Allium cepa (oignon)

Les composés soufrés sont les molécules actives, la fraction extraite par l’éther éthylique est la plus antidiabétique.
Utilisation : consommation quotidienne d’oignon cru à raison de 30 à 40 g par jour (assez difficile à supporter), mais l’oignon cuit et son extrait aqueux sont également hypoglycémiants (soupe, infusion), ou teinture mère (40 à 50 gouttes 3 fois par jour)
L’oignon possède des propriétés hypoglycémiantes, antihyperglycémiantes, antioxydantes et il abaisse le taux des lipides sanguins.

 
Allium sativum (ail)

Les composés soufrés sont modérément actifs sur la glycémie (assez instables) par contre ces mêmes composés sont intéressants pour leur action sur les complications du diabète : dyslipidémie sanguine (cholestérol et triglycérides) et complications cardio-vasculaires (plaques d’athérome, sclérose vasculaire)

Utilisation :

  • ail cru 1 à 2 gousses par jour (écrasée ou finement hachée),
  • ail en poudre 0,5 à 1g par jour (en gélules gastrorésistantes)
  • ail en teinture alcoolique (20 à 30 gouttes par jour).

 

 
Eucalyptus globulus (eucalyptus)

L’huile essentielle d’eucalyptus (2 à 3 gouttes 3 fois par jour)

  • est un antiseptique des voies respiratoires
  • mais est aussi considérée par beaucoup de phytothérapeutes comme légèrement hypoglycémiante au même titre que la teinture mère (50 gouttes 3 fois par jour).

L’infusion de feuille est légèrement hypoglycémiante (chez l’animal artificiellement diabétique) par augmentation de la sécrétion d’insuline ;

Exemple d’utilisation :

une cuillerée à café de feuilles sèches brisées
dans une tasse d'eau très chaude,
10 minutes d'infusion,
2 ou 3 fois par jour

cette infusion a tendance à couper l’appétit, ce qui peut aider à supporter le régime hypocalorique nécessaire à l’équilibre du diabète.

 
Trigonella foenum graecum (fénugrec)

Les graines de fénugrec, connues pour leurs capacités à faire prendre du poids en cas d’amaigrissement ou de fonte musculaire, sont aussi hypoglycémiantes.
Elles contiennent, en particulier, un acide aminé (4-hydroxyisoleucine) qui accroît la libération d’insuline pancréatique aussi bien chez l’animal (rat) que l’homme.
Les extraits aqueux des feuilles sont également hypoglycémiants et antyhyperglycémiants.

Chez l’homme, un essai clinique, a montré que 50 g de poudre de graine 2 fois par jour pendant 10 jours chez des diabétiques non insulinodépendants réduisait de façon significative la glycémie a jeun et la fuite urinaire du glucose ainsi que le taux de lipides sanguins.
L’effet hypoglycémiant est proportionnel à la dose ingérée qui pourrait donc être abaissée dans un traitement au long cours.
L’extrait éthanolique (teinture) est également hypoglycémiant chez l’animal (je ne connais pas d’essais chez l’homme).

 
Olea europea (olivier)

Les feuilles d’olivier sont traditionnellement considérées comme hypoglycémiantes ;
elles contiennent par ailleurs un sécoiridoïde, l’oleuropéoside, aux propriétés hypotensives et antioxydantes (qui permet donc de lutter contre la sclérose des vaisseaux sanguins et l’inflammation de leurs parois)

L’infusion de feuille est moins efficace que

l’extrait hydroalcoolique (teinture mère : 60 gouttes par jour)
la macération glycérinée de bourgeons en 1D (50 à 100 gouttes par jour)
ou la poudre de feuilles cryobroyées(0,5 à 1g par jour)


Quelques plantes médicinales à tanin :

Juglans regia (noyer)
Rubus fructicosus (ronce)
Rubus idoeus (framboisier)
Fragaria vesca (fraisier)
Morus nigra (mûrier)
Vaccinium myrtillus (myrtille)
Camellia sinensis (thé vert)

Les feuilles et les bourgeons de ces plantes contiennent des tanins «médicinaux » et souvent d’autres composés protecteurs vasculaires ou anti-inflammatoires.
Les tanins inhibent certains enzymes déclenchant ou participant à la réaction inflammatoire, laquelle est peut-être une des causes de l’inefficacité (résistance) de l’insuline au niveau cellulaire.

L’infusion est la préparation la plus simple :
30 à 40 g de feuilles (une petite poignée) dans 1 litre d’eau très chaude, infuser 15 minutes, boire 3 à 6 tasses par jour

Pour le thé vert se contenter des proportions de l’infusion traditionnelle.

On peut aussi employer les teintures mères quand elles existent:

(ex : Vaccinium myrtillus
ou la macération glycérinée de bourgeons en 1D de Juglans regia,
50 gouttes trois fois par jour)
 

Dans les régions tropicales et subtropicales on trouve de nombreuses plantes au potentiel antidiabétique ou dont les feuilles, l’écorce, les fleurs ou les fruits contiennent des tanins utilisables en médecine humain

Voici quelques exemples:
Momordica charantia (pomme coolie, momordique)

Très utilisée aux Indes malgré sont risque toxique ; la médecine ayurvédique emploie les extraits du fruit, des graines, les feuilles ou la plante entière.
La substance active probable est un peptide ( comme l’insuline).
Des essais cliniques chez l’homme (diabétique) ont montré que l’administration régulière d’extrait de Momordica charantia entraîne une baisse significative de la glycémie.
Cette plante (amère) est utilisée crue (jus, salade) cuite à l’eau (soupe, infusion, épinard) ou frite à l’huile.

 
Catharanthus roseus ( pervenche de Madagascar)

C’est une plante considérée traditionnellement comme antidiabétique dans de nombreuses régions tropicales.
Elle contient de nombreux alcaloïdes.
L’expérience montre que les extraits aqueux et éthanoliques (teinture) des feuilles administrées par voie orale chez des rats normaux entraînent une légère baisse de la glycémie et sont antihyperglycémiques chez des rats artificiellement diabétiques.
Le « thé » de pervenche de Madagascar (mode d’absorption traditionnel) est peut-être aussi anorexiant (coupe l’appétit, donc favorise le suivi du régime).

 
Syzygium cumini (jamelonguier, pistas)


Plusieurs parties de l’arbre sont hypoglycémiantes :
les graines (extrait aqueux et éthanolique, poudre), le fruit, les feuilles (décoction légère ou infusion)
C’est une plante qui contient beaucoup de tanin, les fruits sont astringents ;
les différents extraits entraînent une baisse assez rapide de la glycémie (probablement par libération d’insuline) avec synthèse de glycogène dans les muscles et le foie (ce qui correspond à l’action de l’insuline libérée)
On ne note pas d’effet toxique chez l’animal (rats diabétiques)

 
Ficus bengalensis (figuier sacré, banyan des Indes)

L’écorce de cet arbre majestueux (ou plutôt de ses racines aériennes) contient plusieurs molécules (glucosides et flavonoides) présentant des propriétés hypoglycémiantes et antihyperglycémiques.
Le glucoside « leucopélargonidine » est le plus efficace : effet hypoglycémiant et baisse des lipides sanguins avec augmentation significative de la libération d’insuline.
L’écorce contient aussi des tanins

 
Terminalia chebula,Terminalia belerica
Emblemica officinalis , Terminalia catappa

Ces arbres contiennent beaucoup de tanins.
En médecine traditionnelle Hindou, ils sont souvent utilisés dans des préparations associant plusieurs plantes.
La combinaison de leur extraits méthanoliques est commercialisée (Triphala);
administrée par voie orale, 100mg/kg/jour, elle abaisse de façon significative la glycémie (baisse de la résistance à l’insuline);
l’action antioxydante, antiradicaux libres, l’inhibition de certains enzymes (peroxydases) limitent la réaction inflammatoire tissulaire.

 
Caesalpinia bonducella

C’est une liane puissante, épineuse, des littoraux tropicaux, souvent considérée comme une peste végétale envahissante.
Cette plante, originaire de la région indo-malaise était utilisée par les indigènes des îles Andaman et Nicobar pour soigner les symptômes du diabète.
Des essais sur l’animal ont montré que l’extrait aqueux et éthanolique (teinture alcoolique) de la partie extérieure de la graine (pas l’amande) semblent pouvoir contrôler l’hyperglycémie du diabète de type2 tout en diminuant le taux du cholestérol et des triglycérides sanguins
Cette plante possède par ailleurs beaucoup d’autres propriétés médicinales.

 
Phyllantus niruri

En médecine ayurvédique, on prescrit cette petite plante tropicale très répandue pour ses propriétés diurétiques et hypotensives (bien connues) mais aussi hypoglycémiantes à raison de 5g par jour par voie buccale en fractionnant cette dose dans la journée.

 
Punica granatum (grenade, grenadier)

Les fleurs rouges du grenadier contiennent du tanin mais en moins grande quantité que les autres parties de cet arbuste.
Elles sont considérées comme un remède contre le diabète dans la médecine Unani(Indes), ce qui a été vérifié chez le rat diabétique (dose : 400mg par kg)

 
CONCLUSIONS

Les plantes médicinales ou leurs extraits semblent intéressants dans le cas d’un diabète non insulino dépendant (type2 ).
On prendra garde toutefois à ne pas supprimer brutalement les médicaments prescrits ou utilisés, mais à abaisser leur posologie progressivement (c’est le bon sens) jusqu’à la suspension éventuelle de leur prise mais toujours en surveillant l’évolution de la glycémie et de la glycosurie.
L’association de 2 ou 3 plantes paraît souhaitable, certaines agissent sur la libération d’insuline d’autres au niveau cellulaire périphérique, comme piégeur de radicaux libres, sur le métabolisme des lipides, l’hypertension.

Exemples :
Oignon et myrtille
Oignon et noyer
Fenugrec et ronce
Fenugrec et olivier.


Les tanins ne sont pas sans dangers ; à forte dose ils perturbent la digestion et l’assimilation des aliments, entraînent de la constipation voire favorisent la cancérogenèse digestive.
On utilisera donc les plantes à tanin en cures limitées ou à dose réduite (thé vert, thé de ronce, teinture-mère de noyer ou de myrtille)

Les plantes antidiabétiques peuvent entraîner une chute trop brutale de la glycémie avec malaise hypoglycémique, voire coma, au même titre que l’insuline ou les autres médicaments hypoglycémiants, surtout si ces plantes sont associées à un traitement déjà existant et qui équilibrait le diabète.

Par ailleurs, la recherche d’un traitement bon marché amène parfois des malades du diabète à utiliser un peu n’importe quelle plante, certaines peuvent être antidiabétiques mais à des doses qui les rendent toxiques, d’autres sont trop dangereuses pour un usage antidiabétique (une enquête au Maroc révèle que certains malades utilisent pour soigner leur diabète des plantes aussi toxique que le laurier rose ou le ricin).
Comme toujours le bon sens doit prévaloir et les informations doivent être contrôlées ou vérifiées.

Ceci dit les plantes médicinales peuvent dans certains cas (prédiabète, diabète modéré) être le seul traitement (associé au régime) et dans les autres cas (toujours diabète type2) peuvent contribuer à faire baisser la posologie des médicaments antidiabétiques tout en luttant contre les complications de cette « maladie ».

Copyright 2003 : Dr Jean-Michel Hurtel

 

PLANTES MEDICINALES
ET HYPERCHOLESTEROLEMIE


INTRODUCTION ET GENERALITES

Les sociétés « pléthoriques » occidentales et les pays dont le niveau de vie augmente et qui adoptent une alimentation « moderne » hypercalorique,( alors que l’activité physique des gens diminue), riche en graisses, viande et sucre simple ; pauvre en glucides à assimilation lente , voient la prévalence de l’obésité augmenter ainsi que celle de l’hypercholestérolémie-hyperlipidémie et du diabète de type 2.
Les enquêtes épidémiologiques récentes montrent que dans ces sociétés au moins une personne sur 20 présente une hypercholestérolémie.

Dans la majorité des cas la phytothérapie associée à une diététique appropriée et une bonne hygiène de vie permet de controler ces désordres métaboliques notamment l’hypercholestérolèmie débutante ou moyenne.

La conséquence la plus redoutable de cette hyperlipidémie sanguine est l’apparition d’une
« athérosclérose » (anciennement artériosclérose) ou maladie athéromateuse qui se caractérise par la survenue de plaques lipidiques sur la paroi interne des artères favorisant le développement de maladies cardiovasculaires : atteinte des coronaires (angine de poitrine, infarctus du myocarde) artérites, troubles rénaux, insuffisance circulatoire cérébrale, hypertension artérielle…
Cet état hyperlipidémique s’accompagne de plus assez souvent d’une tendance à l’hypercoagulabilité sanguine favorisant les obstructions vasculaires et l’apparition d’embolies ainsi qu’une résistance tissulaire à l’insuline (diabète de type2) parfois difficile à controler.
Bien sur toutes les hyperlipidémies ne sont pas acquises, certaines sont congénitales et transmissibles de parents à enfants, d’autres se développent sur un terrain qui favorise leur apparition.

Les spécialistes différencient plusieurs profils d’hyperlipidémie sanguine : en simplifiant on peut différencier l’hypercholestérolémie simple et celle associée à une augmentation des triglycérides sanguins.

Les valeurs plasmatiques (sanguines) considérées actuellement comme normales :
Cholestérol total : 2g/litre
Triglycérides : 1,5 à 2 g/l



Le cholestérol sanguin est couplé à des protéines de transport qui assurent son transfert entre les différents organes et tissus du corps. Le cholestérol est en effet une molécule vitale pour l’organisme absolument nécessaire au maintien de l’intégrité des membranes cellulaires et au bon fonctionnement du métabolisme : par exemple biosynthèse des hormones corticostéroides (ex cortisone) et des hormones mâles et femelles..

Les biochimistes différencient plusieurs types de lipoproteines associées au cholestérol plasmatique d’après leur « poids ».

HDL-C : hight density lipoprotein
LDL-C : low density lipoprotein
VLDL-C : very low density lipoprotein en général associée à 4/5 de triglycérides et 1/5 de cholestérol.



Il apparaît que le LDL-C et , dans une moindre mesure VLDL-C, favorisent la précipitation du cholestérol et d’autres lipides sur les parois artérielles (athérome) alors que HDL-C serait peu athérogène et pour certains auteurs protège même contre cette dégénérescence.

Les valeurs considérées actuellement comme normales :
Pour un cholestérol total d’environ 2g/l :

HDL-C :
0,45g/l pour l’homme et 0,55g/l pour la femme
LDL-C :
1,30 à 1,60g/l




Le rapport cholestérol total/HDL-C ou indice d’athérogénécité doit être inférieur à 4,5

 

Principaux traitements médicamenteux:

La tendance actuelle pour traiter une augmentation du cholestérol sanguin est d’abord de modifier la diététique puis si cela ne suffit pas ou si les facteurs de risques d’accidents cardiovasculaires sont trop importants d’utiliser des médicaments synthétiques.

Parmi les plus importants :
Les statines qui diminuent la synthèse endogène(synthèse par le foie) du cholestérol
Les fibrates qui paraissent augmenter le catabolisme(destruction) des lipides sanguins tout en diminuant leur synthèse hépatique
La colestyramine qui bloque la réabsorbsion du cholestérol dans le tube digestif et par voie indirecte diminue le LDL-C plasmatique.

Le foie est l’organe clé dans la régulation de la cholestérolémie.
Il assure sa synthèse à partir de molécules simples (acétyl coenzyme A) et aussi son excrétion : les sels biliaires (nécessaires à la bonne digestion des graisses)sont produits par le foie et excrétés par les voies biliaires vers l’intestin (duodénum). Ils contiennent beaucoup de cholestérol et ne sont que partiellement réabsorbés au niveau intestinal, une bonne partie de ces sels s’évacue dans les matières fécales.

 

 

 
PHYTOTHERAPIE ET ANOMALIES DU CHOLESTEROL
Les plantes médicinales sont très utiles pour controler les anomalies du cholestérol quand on les associent à une diététique appropriée dont on peut rappeler les point les plus importants :
  • D ’abord réduction de la quantité d’aliment surtout si l’excès de poids est manifeste
    surtout réduction des aliments riches en acides gras saturés qui augmentent le LDL-C (mauvais cholestérol !) : produits laitiers (beurre, crème, fromages), charcuteries (hormis le jambon cuit), viandes grasses, graisses animales, margarines dures.
  • Réduction des aliments riches en « acides gras trans » : principalement la croissanterie, la biscuiterie, certains pains enrichis en margarine (de type anglosaxon)

En cas d’augmentation des triglycérides, éviter les sucreries et les boissons sucrées et alcoolisées, les fruits sucrés en abondance


Et par contre :

  • Augmentation des aliments riches en fibres « solubles » ou insolubles qui ne sont pas assimilables , favorisent un bon transit intestinal et abaissent légèrement le taux de cholestérol total et de LDL-C : légumes, fruits (sauf en cas d’augmentation des triglycérides), céréales (avoine)
  • Consommation fréquente de poisson.
  • Utilisation dans la cuisine d’huile « insaturée » ou riche en fraction insaponifiable : ex olive, tournesol.
  • Augmentation de la consommation de phytostérol : ce sont des analogues du cholestérol mais présent dans les plantes et qui semblent bloquer (concurrencer ?) l’absorption intestinale du cholestérol : certaines margarines diététiques en sont enrichies.
  • Consommation « d’anti-oxydants végétaux » dont l’action exacte n’est pas bien connue mais qui semblent favoriser la diminution de LDL-C ou en empêche l’oxydation, étape essentielle dans le processus athéromateux : caroténoïdes (carote), lycopène ( tomate), vitamine E et C, certains polyphénols végétaux qu’on appelle proanthocyanidols ou tanins condensés : exemple tanins du vin rouge , tanin du thé (surtout vert)

 

 
Les plantes médicinales utiles pour traiter l’hypercholestérolémie peuvent :

  • agir sur le métabolisme des lipides : comme le guggul et l’ail,
  • agir sur la synthèse et l’excrétion des sels biliaires, plantes cholagogues et cholérétiques : artichaut, boldo, combretum, curcuma, fumeterre, pissenlit, romarin,
  • prévenir le dépôt ou le développement des plaques d’athérome : thé vert, ginseng, vigne rouge


 
EXEMPLES DE PLANTES UTILISABLES
pour soigner l'hypercholestérolémie
 
GUGGUL Commiphora mukul BURSERACEAE

Le guggul est un petit arbre épineux qui croit dans les régions désertiques du nord du sous-continent indien (Rajasthan, Gujarat, Balouchistan).
Les médecins ayurvédiqes utilisent depuis longtemps la résine que l’on receuille après incision des branches pendant l’hiver. Elle se présente comme une substance blanche ou verte, d’odeur balsamique et entre depuis très longtemps(600 ans avant JC) dans la composition de médicaments ayurvédiques pour traiter l’obésité : exemple triphala guggul, sinhanad guggul.
Les médecins et chercheurs Indiens ont étudié la chimie et le mode d’action des extraits du guggul dès 1960 et surtout après 1980.

Les composés les plus intéressants sont des phytostérols : Z et E « guggulstérone » que l’on trouve dans le « guggulipide » c’est-à-dire la fraction extraite de la résine brut par un diluant (l’acétate d’éthyle).

Plusieurs actions physiologiques ont été décrites par les chercheurs :

  • stimulation de la glande thyroïde par action directe sur les cellules endocriniennes de la thyroïde et non par un relais hypophysaire-hypothalamique,
  • activation des récepteurs membranaires des lipoprotéines LDL entrainant une baisse du taux de LDL-C plasmatique (mauvais cholestérol),
  • antagonisme avec un facteur de transcription (FXR) qui provoque un blocage du rétro-controle négatif exercé par les acides biliaires sur leur synthèse et donc l’excrétion du cholestérol.

La guggulstérone favorise donc une augmentation de la synthèse des acides biliaires qui contiennent du cholestérol. Normalement quand la quantité d'acides biliaires augmente l’activation du facteur FXR entraine l’arrête de leur synthèse ; la guggulstérone bloque ce mécanisme de contrôle ; La quantité de cholestérol excrété par les voies biliaires augmente et il n'est que partiellement recyclé-réabsorbé au niveau intestinal d'où baisse du cholestérol plasmatique

De nombreuses études et test chez l’animal et l’homme ont montré l’intérêt du guggulipide et des guggulstérones pour faire baisser des taux anormaux de lipides sanguins : cholestérol total, LDL-C et triglycérides. L’action des guggulstérones paraît potentialisée par les autres composants du guggulipide : on observe une baisse de 10 à 30% du taux des lipides sanguins et une baisse du rapport cholestérol total /HDL-C (indice d’athérogénité).
Le pourcentage de baisse varie en fonction des conditions d’expériences et des sujets testés.

La dose efficace serait aux alentours de 50 mg de guggulstérone par jour soit 500 mg à 2000 mg de guggulipide selon leur standardisation en stérones (10 à 2 ,5 % de guggulstérone).

Les effets secondaires semblent réduits (quelques nausées, éructations parfois diarrhée) et moindre que ceux observés par la prise de résine brute qui provoque assez souvent des diarrhées et des démangeaisons.
On évite de prendre du guggulipide pendant la grossesse, en cas de troubles hépatiques chroniques ou aigus et de troubles thyroïdiens.
Il est assez facile de se procurer du guggulipide sur le marché international ainsi qu’en France.

En Inde, les médecins ayurvédiques mélangent souvent le guggul avec d’autres plantes : exemple « triphala guggul » avec Terminalia belerica et Terminalia chebula (deux plantes qui apportent des tanins), dans ce médicaments la proportion est de 130mg de guggul pour 250mg de triphala guggul.
Exemple : CAPS HT2 (anti-oxydant, anti-inflammatoire, anti-diabétique) associant Commiphora mukul (guggul) à Allium sativum (ail) et 7 autres plantes. Ce mélange de plantes antilipidémiantes- anti-oxydantes paraît un bon traitement de l’athérosclérose.

Notons que le guggulipide a d’autres applications :

  • pour traiter l’acné (nodulokystique) avec peau grasse et huileuse : équivalent de 25 à 50mg de guggulstérone pendant 3 semaines
  • certains rhumatismes inflammatoires articulaires et tendineux y sont parfois sensibles
  • on peut réduire son poids avec les extraits du guggul mais les résultats sont irrèguliers

L’action anti-oxydante, anti-inflammatoire et antiagrégant plaquettaire est bien utile pour prévenir les complications de la maladie athéromateuse.

 
Ail Allium sativum LILIACEAE


L'ail est une petite plante vivace à feuilles linéaires et engainantes, probablement originaire de Sibérie mais cultivé dès l'antiquité au Moyen-Orient, en Egypte, en Grèce ainsi qu'en Chine. Il s'adapte à tous les climats mais donne les plus belles récoltes dans les pays tempérés. C'est une plante alimentaire très commune(la gousse d'ail), un condiment commercialisé dans le monde entier mais qui possède aussi des propriétés pharmacologiques et thérapeutiques fort intéressantes

La gousse d'ail renferme des composés soufrés responsables de la majorité des propriétés pharmacologiques.
Dans l'ail frais le constituant soufré principal est l'aliine ( sans odeur ) mais dès que l'ail est contusé ou écrasé, il y a libération d'un enzyme ( l'aliinase ) qui dégrade l'aliine; le produit final de cette tranformation est l'aliicine ( à forte odeur aillée ) qui est elle-même rapidement oxydée à l'air et devient du disulfure de diallyle (à l'odeur également marquée ) constituant principal de l"essence d'ail".
L'aliicine peut aussi se condenser, on obtient alors des composés secondaires, les ajoènes, pharmacologiquement moins actifs. La cuisson transforme rapidement, en quelques minutes, tous ces composés soufrés en produits de condensation cyclique ( vinyldithiine ) alors qu'il faut plusieurs heures à température ambiante.

Chez l'animal (études sur le rat, le poulet, le lapin ) la consommation d'ail fait chuter de façon significative le taux de cholestérol et des triglycérides.
Chez l'homme, même si les protocoles expérimentaux sont parfois critiqués, on observe en général une diminution de 9 à 12% du taux de cholestérol sanguin au bout d'un mois de traitement (600 à 900 mg de poudre d'ail standardisée à 1,3% d'aliine, par jour) et surtout au bout de 4 mois de prise régulière.
On observe une augmentation des "bonnes" lipoprotéines (HDL-C) et diminution de LDL-C.

Parallèlement les plaques d'athérome semblent se réduire en surface (10 à 20%) et en épaisseur (3%). Néanmoins cette chute du cholestérol sanguin ne s'observe que dans les hypercholestérolémies modérées et pas dans les cas de maladies familiales ou congénitales.
Mais l'ail permet aussi d'améliorer la circulation sanguine.

Plusieurs actions se conjuguent ; la plus importante est la diminution de l'agrégation plaquettaire (jusqu'à 30%) quand la cholestérolémie est normale ou faiblement augmentée (étude sur 10 mois). L'effet plasmatique est rapide : on note 6 à 8 H après absorption de 900mg de poudre d'ail (standardisée à 1,3% d'aliine) une amélioration de la viscosité plasmatique et du débit capillaire; il y a rapidement diminution de l'agrégation des plaquettes et augmentation de la fibrinolyse (jusqu'à 70%) pendant une 12 d'heures environ. Tout cela est bien sur fort intéressant quand on a des troubles dus à l'artériosclérose.

Les troubles des lipides sanguins sont chroniques et supposent donc un traitement prolongé.
L'ail cru est malheureusement assez indigeste et peut chez certaines personnes provoquer des troubles gastriques pénibles.

Pour ceux qui supportent l'ail, une posologie moyenne serait l'équivalent de 6 à 10 mg d'aliine par jour soit : 1 gousse d'ail frais .
Pour un effet plus marqué on peut augmenter la dose en la répartissant dans la journée soit :
1 à 2 gousses d'ail 2 à 3 fois par jour.

On peut remplacer l'ail frais par de la poudre d'ail en gélules gastrorésistantes.
une posologie moyenne serait 500mg à 1000mg de poudre d'ail par jour; pour un effet plus marqué (mais plus court) on peut aller jusqu'à 2000mg de poudre d'ail par jour en plusieurs prises réparties dans la journée
Il est recommandé de faire un traitement prolongé voire illimité à dose faible ou moyenne, ou à forte dose 1 à 2 mois renouvelé dans l'année.
Certains phytothérapeutes préconisent la teinture d'ail au 1/5, 20 à 30 gouttes par jour, mais l'odeur en est particulièrement désagréable.

Rappelons que l'ail est aussi légèrement antidiabétique (efficace dans le diabète de type 2) ainsi qu'hypotenseur (mais les résultats d'enquêtes ne sont pas toujours très probants)


Comme nous l’avons vu avec le guggul, toutes les plantes qui augmentent le flux biliaire sont utiles pour réduire le taux de cholestérol sanguin ; certaines agissent surtout par un effet mécanique (contractions accrues de la vésicule biliaire ou ouverture plus facile du sphincter d’Oddi qui contrôle la sortie de la bile dans l’intestin (duodénum)) d’autres augmentent plus particulièrement la production de bile par le foie.

Exemples de plantes médicinales (cholagogues, cholérétiques ou amphocholérétiques) utiles pour contrôler l’hypercholestérolémie : artichaut, boldo, combretum, curcuma, fumeterre, pissenlit, romarin,

 

 
Artichaut Cynara scolymus ASTERACEAE

 

L'artichaut est une asteraceae de grande taille, originaire du pourtour méditerranéen, vivace (les fleurs n'apparaissent qu'à la deuxième année de culture), avec des feuilles longues disposées en rosette, non épineuses mais renforcées par des nervures apparentes.On la cultive depuis l'antiquité.
Les fleurs, plus ou moins bleues ou violacées, sont groupées pour former un ensemble (capitule) de 8 à 16 cm de diamètre qui est porté par une tige robuste, cannelée et creuse, souvent ramifiée. La partie basale de la fleur composée (le réceptacle) ainsi que la base charnue des bractées (petites feuilles qui entourent la fleur) sont comestibles après cuisson. La feuille d'artichaut est la partie médicinale.
Les composés actifs paraissent être des acides-phénols dérivés de l'acide caféique (acide 5-caféylquinique et 1-5-dicaféylquinique).

Des expériences chez le rat ont montré :

  • in vitro, que les acides phénols (dérivés de l'acide caféique) étaient hépatoprotecteurs, protégeant les cellules hépatiques (hépatocytes) contre la toxicité du tétrachlorure de carbone,
  • in vivo, que le débit de la sécrétion de bile était majoré sans augmentation nette des contractions vésiculaires (effet cholérétique).

    Pour certains auteurs les flavonoïdes seuls seraient les composés actifs. D'autres études, toujours chez le rat, ont révélé un effet hypocholestérolémiant des extraits totaux ainsi qu'un effet amphocholérétique (sécrétion et excrétion accrues de la bile).

Chez l'homme, on considère que l'artichaut est surtout cholérétique et un peu hypocholestérolémiant (avec aussi une baisse conjointe des triglycérides). Cet effet assez net sur le taux de cholestérol plasmatique semble être du à la fois à une baisse de la synthèse du cholestérol par le foie(sans que l'on sache bien pourquoi) et à une augmentation de l'excrétion biliaire du cholestérol.
Lors d'une recherche contrôlée en double aveugle avec placébo auprès de 143 personnes ayant une hypercholestérolémie, le taux du cholestérol total a chuté de 18,5 % chez les personnes prenant de l'extrait sec d'artichaut (1800 mg par jour), dans le groupe placebo baisse de 8,6%. Le LDL-C baisse de 23 % dans le premier groupe et de 6 % dans le groupe placébo.
Une autre étude attribue aux fractions flavonoides un important pouvoir anti-oxydant intéressant dans le cas des troubles du cholestérol (retard de l'oxydation de la fraction LDL-C)

On utilise en général les jeunes feuilles d'artichaut, qui peuvent être soit :

  • pressées pour fournir un jus qui sera purifié pour donner certaines préparations galéniques,
  • desséchées rapidement, fragmentées et mises à macérer de façon classique ( teinture mère),
  • pulvérisées après passage dans l'azote liquide (-190°C), c'est le cryobroyage.

    Posologie :
    on peut utiliser
Cynara teinture mère, 50 à 150 gouttes par jour,
Poudre d'artichaut cryobroyée : 600 à 800mg par jour
Extrait sec de suc d'artichaut : 1g par jour


La Commission E recommande 6 gr de feuilles séchées ou l'équivalent, par jour, généralement en trois doses.
On manque d'une bonne standardisation de la partie active.

 
Pissenlit Taraxacum officinalis ASTERACEAE

 

Le pissenlit est une plante de l'ancien monde à climat tempéré mais qui s'est très vite répandu dans le monde entier.
Vivace et très commun dans les champs, les prairies, les bords des chemins, il s'accomode aussi des climats plus rigoureux ou sub tropicaux (où il est beaucoup plus rare). Son port est typique, les feuilles basilaires disposées en rosette sont plus ou moins découpées en lobes inégaux, la fleur est jaune et à maturité les graines (akènes) s'échappent, portées par le vent grâce à de fines aigrettes très caractéristiques. La racine pivotante est forte et longue; la plante coupée excrète un latex blanchâtre.

La tradition et des expériences anciennes (surtout réalisées sur des animaux et principalement par les Allemands et les Chinois) font considérer le pissenlit comme un cholagogue par sa racine et un cholérétique par ses feuilles. La plante entière associe ces deux propriétés, elle accroît la contractibilité vésiculaire tout en augmentant la quantité de bile déversée dans l'intestin.
Ses propriétés cholérétiques et cholagogues le font employer dans toutes les affections chroniques du foie et dans certains ictères mais aussi pour soulager de la constipation et des migraines digestives.
On le considère comme un anti-artérioscléreux, (légèrement anti-diabétique) .
Il est particulièrement utilisé en Allemagne


Il entre dans la composition de phytomédicaments à visée hépatobiliaire mais on peut aussi le préparer en le récoltant soi-même.

  • 1 à 3 pieds complets de pissenlit (avec la racine) dans un litre d'eau; bouillir 5 minutes et infuser 10 minutes, boire une à deux tasses, c'est très amer !,
  • 30 à 60 gr de racine fendue et coupée en petits morceaux dans un litre d'eau; bouillir puis infuser comme ci-dessus; boire deux tasses midi et soir, c'est encore très amer.


On peut trouver dans certains pays des préparations toutes faites( parfois standardizées en % de taraxastérol) exemple: capsules de 250mg 2 à 3 fois par jour.

La teinture mère homéopathique (voir lexique) est souple d'emploi: TARAXACUM T.M. 50 à 150 gouttes par jour souvent en association avec ROSMARINUS et CYNARA.

En cas d'hyperlipidémie moyenne on peut prévoir des traitements prolongés en cure de 2 à 3 mois 2 fois par an ou plus si le traitement c'est bien toléré .

 
Romarin, Rosmarinus officinalis, LABIATEAE

Le romarin est une plante typiquement méditerranéenne, c’est un arbrisseau, très ramifié, assez touffu, aux feuilles petites et étroites dont la face supérieure est convexe un peu luisante, l’intérieure concave et blanche.
L’extrait hydroalcoolique (teinture mère) est cholagogue et hépatoprotecteur in vivo chez le rat (mais à dose élevée) et, in vitro, piégeur de radicaux libres et hépatoprotecteur (action antilipoperoxydante, prévention de la nécrose d’hépatocytes isolés (cellules du foie)).
La teinture mère de jeunes pousses de romarin semble, au vue des expériences, plus efficace que celle de la plante entière adulte.
Le romarin(extrait hydroalcoolique et dans une moindre mesure extrait aqueux) est considéré comme un draineur efficace des voies biliaires

On peut préconiser :

  • la teinture mère de jeunes pousses ou la macération glycérinée de jeunes pousses, 20 à 100 gouttes par jour,
  • l’infusion prolongée de plante fraîche ou sèche : 1 cuillerée à café de feuilles sèches ou 1 petit rameau de romarin par tasse d’eau très chaude, infuser 10 mn, 2 à 3 tasses par jour,
  • les gélules de plante cryobroyée ou le mélange déjà tout fait de plantes à visée cholagogue en tisane, gélules ou sous forme d’extrait hydroalcoolique (il existe des spécialités pharmaceutiques mises sur le marché en 1941! )

Le romarin n'est qu'un adjuvant d'une diététique appropriée, ses capacités antioxydantes sont également intéressantes pour lutter contre les complications liées à l'athérome.


Autre plantes médicinales utilisées par les phytothérapeutes pour controler l'hypercholestérolémie :
on retiendra plus particulièrement le curcuma , la zédoaire et le kinkeliba(cholagogue cholérétique), le ginseng, le thé et la vigne(antioxydants), l'ispaghul, le konjac et le psyllium(fibres).

 

Angélique, Angelica archangelica, APIACEAE

Aubergine, Solanum melongena, SOLANACEAE

Albizzia, Albizzia lebeck, FABACEAE

Boldo, Pneumus boldus, MONIMIACEAE

Chélidoine, Chelidonium majus, PAPAVERACEAE

Chrysantellum, Chrysantellum indicum, ASTERACEAE

Curcuma, Curcuma longa, ZINGIBERACEAE

Fenugrec, Trigonella foenum graecum, FABACEAE

Fumeterre, Fumaria officinalis, FUMARIACEAE

Ginseng, Panax ginseng, ARALIACEAE

Gymnéma, Gymnema sylvestre = Periploca sylvestris, ASCLEPIADACEAE

Ispaghul, Plantago ovata, PLANTAGINACEAE

Kinkeliba, Combretum micranthum, COMBRETACEAE

Konjac, Amorphophallus konjac, ARACEAE

Lespédéza, Lespedeza capitata, FABACEAE

Olivier, Olea europea, OLEACEAE

Onagre, Oenothera biennis, ONAGRACEAE

Panama(bois de ) ou Quillaja, Quillaja saponaria, CARIOPHYLLACEAE

Psyllium, Psyllium afra=Psyllium psyllium, Psyllium arenaria=P. indica=P. racemosa, PLANTAGINACEAE

Thé, Camellia sinensis = Thea sinensis = Camellia thea, THEACEAE

Tilleul, Tillia europaea, Tillia tomentosa, Tillia cordata, Tillia platiphyllos, TILLIACEAE

Vigne rouge, Vitis vinifera, VITACEAE

Zedoaire, Curcuma zedoaria, ZINGIBERACEAE,

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