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TABAC

NICOTIANA
TABACUM
NICOTIANA
RUSTICA

SOLANACEAE


Nicotiana tabacum et Nicotiana rustica sont originaires du "nouveau monde", c'est à dire des zones tropicales et subtropicales d'Amérique du nord et du sud.




L'usage des feuilles de tabac par les Amérindiens fut très rapidement remarqué par Christophe Colomb et son équipage. Les Indiens Tainos peuplaient alors les grandes et les petites Antilles; ce peuple Arawak (en passe d'être supplanté par les Caraïbes) cultivait le tabac ; on suppose que ce nom vient d'ailleurs de leur langue mais d'autres philologues l'estiment d'origine arabe. Nicotiana fut nommée ainsi en l'honneur de Jean Nicot, ambassadeur de France au Portugal, qui introduisit le tabac à la cour de France à la fin du 16ème siècle.

Nicotiana tabacum, le tabac le plus cultivé maintenant dans le monde entier, est une plante annuelle, ce qui permet son acclimatation dans des régions aux climats variés : de la forêt équatoriale aux pays tempérés.
Il existe de nombreux cultivars (variétés culturales) .
Le tabac en général une plante assez haute (1 à 2m), aux feuilles alternes, parfois de grande taille dans les variétés de culture (50 à 70 cm de long sur 20 à 40 cm de large), les fleurs sont en panicules à corolle tubuleuse teintées de rose ou de rouge. La maturité des feuilles de tabac se fait de bas en haut, les feuilles les plus basses jaunissent les premières.

COMPOSITION CHIMIQUE ET PROPRIETES

Les feuilles vertes de tabac (Nicotiana tabacum) contiennent (en pourcentage de poids sec) :

LA NICOTINE

La nicotine est synthétisée dans les racines du plant de tabac et migre ensuite dans les feuilles.
La nicotine est une base, volatile, incolore mais brunissant par oxydation, et qui donne son odeur au tabac.

Les caractères physiques de la nicotine : point de flamme 95°C, décomposition 247°C, font penser que la majorité de la nicotine est détruite dans le cône de combustion de la cigarette ou du cigare qui atteint jusqu'à 800°C.
La nicotine de la fumée inhalée est en suspension dans des gouttes de goudrons (0.3-0.5 µm) et fait ainsi partie de ce que l'on nomme la phase particulaire de la fumée de tabac, elle redevient libre (se gazéifie) ensuite. La quantité de nicotine inhalée dépend de la façon de fumer, profondeur de l'inhalation, cigarette maintenue à la bouche, rythme des bouffées etc.

La nicotine est rapidement absorbée à travers les muqueuses et pénètre dans la circulation sanguine.
L'inhalation de la fumée de tabac permet une absorption très rapide de la nicotine dans le sang ; en 7 à 9 secondes la nicotine atteint le cerveau. L'absorption par la muqueuse buccale (ou rectale) est aussi très efficace.
Par contre le jus de tabac et la salive contenant des particules de goudrons et de la nicotine sont absorbés dans l'intestin grêle mais la nicotine est pour les deux tiers détruite par le foie qui détoxique ainsi le sang de la veine porte.

L'excrétion de la nicotine se fait un peu par la respiration et se retrouve aussi dans l'urine mais la plus grande partie est transformée (métabolisée=détruite) dans le foie en un métabolite : la cotinine. Le taux d'élimination de la nicotine est assez rapide : en 2 heures la moitié de la nicotine a disparu du sang, reste la cotinine qui persiste plusieurs jours dans les tissus (sa demi-vie est de 16 h).


Nicotine et tabac

La nicotine se fixe de façon élective sur des récepteurs du système nerveux que l'on a nommé pour cette raison "récepteurs nicotiniques", elle les stimule ou les bloque et provoque ainsi plusieurs effets physiologiques directs ou indirects : Il y a d'autres actions connues sinon expliquées : augmentation du taux de dopamine dans une partie du cerveau, ce qui induit une impression de bien-être.

L'absorption régulière de nicotine peut modifier l'activité de certains médicaments psychotropes et est en partie responsable des effets indésirables de la "pilule" (oestroprogestatifs) La nicotine au même titre que les autres alcaloïdes présents dans le tabac, anabasine et nornicotine, sont des poisons assez redoutables : la dose mortelle pour l'homme par voie buccale est d'environ 1mg par kilo soit entre 30 et 60mg pour un adulte (un paquet de cigarette peut contenir 20 mg de nicotine), pour l'anecdote : les rongeurs (lapins ou rats) sont 50 fois moins sensibles que nous.
La nicotine extrait du tabac ou le "jus" de tabac sont insecticides (lutte contre les pucerons par exemple).

UTILISATIONS

A l'origine, dans les sociétés amérindiennes (et encore maintenant dans certaines tribus indiennes d'Amérique du sud), le tabac était essentiellement utilisé à des fins magiques, religieuses, par les sorciers guérisseurs ou peut-être pendant des rites de réconciliation.Le tabac fut assez rapidement connu en Europe mais, du fait de sa rareté, il était réservé à l'élite dirigeante ; le développement rapide des plantations sur la cote Est des USA au 17ème siècle et dans les Antilles, l'amélioration des techniques de culture et l'utilisation des esclaves d'origine africaine comme main d'œuvre décupla la production de tabac et en "démocratisa" l'usage.

Depuis le 17ième siècle le tabac a été introduit dans le monde entier ; l'invention de la cigarette, et l'industrialisation de sa production et de sa distribution par les USA au 20ème siècle, a énormément augmenté la consommation du tabac.
La culture et la commercialisation du tabac sont des activités très profitables, contrôlées par d'énormes multinationales, et source de recette appréciable pour les gouvernements qui taxent énormément le tabac.

Production du tabac en 2000 (en millier de tonnes)



Chine 2,298.8
Inde 595.4
Brésil 520.7
USA408.2
Europe 314.5
Zimbabwe 204.9
Turquie 193.9
Indonésie 166.6
Russie et les anciennes républiques soviétiques 116.8
Malawi 108.0

Préparation du tabac

Les feuilles de tabac mures (jaunies) peuvent être :


Elles sont ensuite mises à vieillir, à maturer ; plus tard les feuilles de tabac seront préparées spécifiquement pour faire du tabac à cigarette, à pipe, à cigare, à priser, à chiquer. Les tabacs sont mélangés entre eux (blended) et avec des agents chimiques de texture, des arômes, des produits de conservation.

Depuis le milieu du 20ième siècle, les services de santé ont observé une nette augmentation des cancers bronchiques, de nombreuses études ont montré que cette augmentation était en partie due à l'usage de la cigarette de tabac, l'autre facteur étant l'augmentation de la pollution de l'air par les fumées industrielles et les gaz d'échappement.

La nicotine elle-même ne parait pas mutagène, ce sont les produits de combustion du tabac qui sont cancérigènes, ils agissent en premier lieu au niveau de l'épithélium des bronches en l'irritant (au minimum bronchites à répétition, toux chronique, emphysème) mais passent aussi dans la circulation sanguine et on les retrouve dans les urines.







SEVRAGE DU TABAC




Le tabac est une drogue ; l'addiction au tabac est forte : arrêter de fumer du tabac est plus difficile qu'arrêter de boire de l'alcool. Il n'y a pas qu'une seule façon d'arrêter de fumer ; la TENDANCE ACTUELLE est d'aider la personne qui désire arrêter de fumer par un traitement de substitution. Il y a bien sur d'autres techniques : psychologiques, homéopathiques, acupuncture, sport etc..
Il est tout à fait possible d'arrêter de fumer, sans aide psychologique ou sans substituts nicotiniques, par sa seule volonté. Mais quand on a échoué, quand la tache paraît difficile et qu'on est réellement motivé, on peut avoir recours à une technique de sevrage.

Dans un premier temps

La diminution se fait en utilisant des substitutifs nicotiniques oraux (gommes ou pastilles) ; une gomme ou une pastille à la nicotine remplace une ou deux cigarettes.
La réduction du nombre de cigarettes, se fait très progressivement, on essaie en même temps de supprimer les cigarettes "inutiles"

Deuxième temps

L'expérience montre que lorsque la consommation s'est réduite à sept ou huit cigarettes, lesfumeurs souhaitent souvent arrêter complètement.
On remplace alors les cigarettes et les gommes ou pastilles par des timbres (patches) dont il est facile de définir le juste dosage.
Par exemple, pour cinq cigarettes et quinze gommes, sachant que chaque cigarette apporte en moyenne 1 mg de nicotine et que le rendement (de 50 % environ) d'une gomme de 2 mg apporte 1 mg, on doit apporter 5 mg + 15 mg, soit 21 mg, ce qui correspond à un patch à 21 mg, complété à la demande par quelques gommes ou pastilles.
On diminuera ensuite progressivement la consommation de nicotine de substitution

les "tabacologues" ont imaginé un test pour mesurer l'importance de l'addiction au tabac et mieux doser le traitement substitutif à la nicotine

TEST DE FAGERSTRÖM

Le niveau de dépendance à la nicotine est obtenu en ajoutant les points :
0-2 points : très bas ; 3-4 points : bas ; 5 points : moyen ; 6-7 points élevé ; 8-10 points : très élevé.

Pour un score de dépendance inférieur à 5, une personne sur deux arrête de fumer sans aide particulière, mais pour un résultat supérieur à 7, le taux de succès tombe à 10% sans aide au sevrage

Sevrage du tabac

Conduite d'un traitement substitutif par la nicotine

Le principe du traitement est, comme nous l'avons vu plus haut, de compenser la diminution de la nicotine absorbée par le fait de fumer.
Présenté sous forme de timbres (patches), de gommes, de pastilles, de cartouches à inhaler, le traitement substitutif ne présente aucune contre-indication(d'après les spécialistes), excepté la rare allergie à la colle des patches.
Nous donnons(en simplifiant un peu) un exemple de traitement conseillé par le Pr. Lagrue (tabacologue, centre de tabacologie, hôpital Albert-Chenevier, Créteil).

La posologie des médicaments contenant la nicotine de substitution est fonction des résultats du test de Fagerström :

On peut juger du résultat les jours suivants et éventuellement modifier le traitement :

Si la posologie est adaptée, on ne ressent pratiquement aucun syndrome de sevrage.
En cas d'envie subite (café, rencontre, etc.) il suffit de prendre une gomme ou une pastille.

Si la posologie est insuffisante, la nervosité (irritabilité, colères) est évidente, il y persistance de l'envie de fumer, on peut avoir des difficultés à se concentrer, l'humeur peut être dépressive ; on augmente alors la dose des substitutifs oraux.

En cas de posologie excessive, ce qui est assez rare lorsque le test de Fagerström a été fait, il n'y a aucune envie de fumer et on peut ressentir les effets d'un tabagisme excessif (nausées, sueurs, tachycardie, arythmie, lipothymie, etc.) ; on peut enlever son timbre avant de se coucher ou diminuer la dose de nicotine avalée

Il faudra bien sur baisser progressivement la quantité de nicotine de substitution.
En 3 à 6 mois le besoin de fumer aura disparu mais il faut rester vigilant une envie brutale peut survenir dans certaines circonstances.

Effets négatifs du sevrage du tabac :

La toux et l'expectoration sont paradoxalement fréquentes à l'arrêt du tabac, ce qui peut décourager ; cela peut durer quelques semaines ; c'est lié à la reprise d'activité des cils des cellules de la muqueuse bronchique jusqu'alors plus ou moins paralysés par la nicotine, un grand nettoyage de printemps en quelque sorte.

L'association du tabac et de l'alcool est fréquente, 80% des alcoolo-dépendants le sont aussi pour le tabac.
L'arrêt de l'alcool est beaucoup moins difficile que celui du tabac, le syndrome de sevrage alcoolique ne dure en moyenne qu'une quinzaine de jours, et on commence en général par le sevrage alcoolique car le sevrage du tabac risque d'augmenter la consommation alcoolique avec survenue possible d'accidents aigus.

Le café et le tabac sont fortement liés : tous deux donnent du plaisir et se renforcent ; boire du café augmente l'envie de fumer. Pendant le sevrage du tabac on déconseille l'arrêt du café (faut pas exagérer !) et on essaie de dissocier les "gestes" café et cigarette.

Fumer du cannabis peut aussi renforcer ou accélérer la dépendance au tabac et rendre plus difficile son sevrage.



Imagesud : photos des pays du Sud


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RESUME

LE TABAC, LA NICOTINE ET SON SEVRAGE
Les humains adorent fumer, cela leur procure une sensation de bien-être,
cela les aide à supporter les difficultés de la vie, le stress.
Le tabac est une drogue. Fumer est dangereux pour la santé, c'est écrit sur tous les paquets de cigarettes.
Ce sont les produits de combustion de la cigarette qui sont en cause, beaucoup plus que la nicotine du tabac.
Le traitement actuel pour aider au sevrage du tabac s'appuie sur l'utilisation raisonnée de la nicotine
comme substitutif à la cigarette.