Représentant modeste de l'énorme
famille des Asteraceae (anciennement composeae, plus de 20000 espèces), le
pissenlit est une plante de l'ancien monde à climat tempéré
Vivace et très commun dans les champs, les prairies, les bords des chemins,
il s'accomode aussi des climats plus rigoureux ou sub tropicaux où il est
beaucoup plus rare
Son port est typique, les feuilles basilaires disposées
en rosette sont plus ou moins découpées en lobes inégaux, la fleur est jaune
et, à maturité, les graines (akènes) s'échappent, portées par le vent grâce
à de fines aigrettes très caractéristiques.
La racine pivotante est forte
et longue; la plante coupée excrète un latex blanchâtre.
COMPOSITION CHIMIQUE ET PROPRIETES
Dans toutes les parties de la plante, on trouve
des lactones sesquiterpèniques (voir lexique) particulièrement amères
(germacranolides et eudesmanolides) et des alcools terpéniques (voir lexique) pentacycliques (taraxostérol et leurs dérivés).
La racine est riche en inuline ( 40% en automne) et en fructose (surtout au
printemps), les feuilles vertes sont riches en manganèse.
La tradition et des expériences anciennes font
considérer le pissenlit comme un cholagogue par sa racine et un cholérétique
(voir lexique) par ses feuilles.
La plante entière associe ces deux propriétés,
elle accroît la contractibilité vésiculaire tout en augmentant la quantité
de bile déversée dans l'intestin.
L'inuline, substance de stockage du carbone
fixé par la photosynthèse (comme l'amidon) n'est pas digestible, elle traverse
le tube digestif humain sans être dégradée ou absorbée. Par voie I.V. elle
est aussi très stable et est éliminée par voie rénale sans modification.
UTILISATIONS
Son utilisation en Europe est relativement récente (16 ième siècle); ses
propriétés cholérétiques et cholagogues le font employer dans toutes les
affections chroniques du foie et dans certains ictères : insuffisance hépatique,
lithiase biliaire, angiocholite, hépatite infectieuse, mais aussi pour soulager
de la constipation et des migraines digestives.
On le considère comme un
anti-artérioscléreux, légèrement anti-diabétique.
Il entre dans la composition de phytomédicaments
à visée hépatobiliaire mais on peut aussi le préparer en le récoltant soi-même.
Décoction (voir lexique):
1 à 3 pieds complets de pissenlit (avec la racine)
dans un litre d'eau; bouillir 5 minutes et infuser 10 minutes, boire une
à deux tasses, c'est très amer !,
30 à 60 gr de racine fendue et coupée en petits
morceaux dans un litre d'eau; bouillir puis infuser comme ci-dessus; boire
deux tasses midi et soir, c'est encore très amer.
La teinture mère homéopathique (voir lexique)
est souple d'emploi:
TARAXACUM T.M. 50 à 150 gouttes par jour, souvent en
association avec ROSMARINUS et CYNARA.
Certains phytothérapeutes classiques (Leclerc) prônaient largement l'emploi
du pissenlit non seulement dans les troubles hépatiques évidents, mais aussi
dans d'autres troubles qui leur paraissaient associés (ex certaines dermatoses)
et le considéraientt comme un excellent dépuratif (voir lexique).
Enfin on peut recommander la salade de jeunes feuilles printanières, moins
amères et pleines de magnésium, de vitamines A et C .
RESUME
Remède de l'insuffisance hépatique et
biliaire
Le pissenlit est commun dans le monde entier ;
les jeunes feuilles
sont comestibles et contiennent vitamine A et C ainsi que du magnésium.
La racine et les feuilles âgées sont très amères,
elles renferment des composés qui augmentent la sécrétion
de bile par le foie et renforcent les contractions de la vésicule
biliaire.
On utilise des extraits de pissenlit comme dépuratif, pour améliorer
la digestion quand il y a insuffisance hépatique, pour soulager
de la constipation et pour empêcher le développement de
l'artériosclérose.
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