
ELAEIS GUINEENSIS
ARECACEAE
Hormis le cocotier COCOS NUCIFERA, le palmier le plus important comme plante de culture c’est le palmier à huile Africain, ELAEIS GUINEENSIS, c’est actuellement la première plante oléagineuse au niveau mondial.
Beaucoup de palmiers sont des plantes très utiles par leurs fruits oléagineux (pulpe et amande), leurs feuilles utiles et parfois médicinales, leur sève, leurs bourgeons comestibles (cœur de palmier), et leur bois.
Nous allons surtout parler dans cette page du palmier à huile Africain, intéressant par ses huiles alimentaires et ses feuilles médicinales.
Le palmier à huile ELAEIS OLEIFERA est originaire des régions côtières de l’Afrique de l’ouest (plus spécifiquement le golfe de Guinée) mais on le trouve aussi plus à l’intérieure de l’Afrique tropico-équatoriale.
Il existe en Afrique des palmeraies naturelles d’ELAEIS OLEIFERA.
C’est un palmier qui peut atteindre plus de 20 mètres à l’état naturel mais dans les plantations on ne peut plus l’exploiter quand il dépasse 15 mètres. A la différence du cocotier on ne peut pas grimper dans un palmier à huile et y travailler facilement car les palmes sont défendues par des épines acérées !!
COMPOSITION ET PROPRIETES
LE FRUIT DU PALMIER A HUILE, ELAEIS GUINEENSIS

coupe des fruits du palmier à huile
Le fruit du palmier à huile est une drupe (un fruit charnu contenant un noyau), de couleur variable jaune tirant vers l’orange parfois le rouge ou le noir.
Les fruits sont groupés en régime très denses, leur nombre est variable selon les conditions de culture, la génétique de l’arbre, son âge.. on peut compter quelques centaines à quelques milliers de drupes. Le régime peut atteindre 50kg dans les meilleurs cas.
Le palmier peut produire des fruits toute l’année quand les conditions de culture sont bonnes.
Plus il grandit plus la récolte devient difficile, et en vieillissant le palmier peut s’épuiser et est finalement abandonné ou abattu.
La génétique du palmier à huile fait qu’il existe 3 types de fruits : une variété à amande dure, une variété à coque beaucoup plus mince et une variété sans coque ( mais stérile). Les variété sauvages sont de type dures (variété dura). Les variétés cultivées sont le plus souvent à coque mince ( variété tenera) dont les fruits sont riches en pulpe et les noyaux plus faciles à broyer.
Comme beaucoup de grands arbres des forêts primaires tropicales , les fleurs du palmiers à huile sont surtout fécondées par des animaux et dans le cas de ce palmier c’est Elaeidobius kamerunicus, un petit charançon originaire d’Afrique tropicale qui est le principal insecte pollinisateur du palmier à huile (Elaeis guineensis). En son absence la fécondation et donc la récolte des fruits est fortement diminuée. Il a donc été introduit avec succès dans la région indo-malaise où les palmeraies sont nombreuses et étendues.
COMPOSITION CHIMIQUE DE LA PULPE DU FRUIT D’ELAEIS GUINEENSIS, LE PALMIER A HUILE DE GUINEE
100 grammes de pulpe du fruit du palmier à huile contiennent environ : 4 gr de protides, 6 gr de glucides , 33 gr de lipides et apportent environ 350 kcal à l’organisme. C’est donc un fruit très nourrissant.
Il contient des carotènoïdes (pro-vitamine A antioxydants) qui colorent l’huile brute en rouge-oranger et une forme chimique voisine de la vitamine E (tocotriènols).
La pulpe du fruit frais contient 40 à 55 % de lipides. Le rendement en huile du fruit complet est d’environ 20 à 25% du poids total du régime de fruits.
COMPOSITION MOYENNE DES ACIDES GRAS DE L’HUILE DE PALME DE LA PULPE
Acide palmitique 44 %,
Acide oléique 39 %,
Acide linoléique 11 %,
Acide stéarique 5 %
Acide myristique 1 %
Donc moitié acides gras insaturés, moitié acides gras saturés.
C’est donc une huile un peu déséquilibrée au niveau diététique mais qui est résistante à l’oxydation (elle se conserve bien et peut être chauffée) et qui reste liquide à température ordinaire.
L’huile brute colorée en jaune oranger ou rouge contient des caroténoïdes (provitamine A) et des tocotriènols (vitamine E) mais l’huile raffinée en est quasiment dépourvue.
L’AMANDE (NOYAU) DU FRUIT DU PALMIER A HUILE
Le noyau du fruit du palmier à huile est relativement petit, la variété « dura » possède une coque difficile à briser, celle de la variété « tenera » est plus fine.
L’amande du noyau est comestible et contient environ 45 à 50 % de lipides.
On en extrait par pressage et trituration une huile dite « de palmiste » différente par sa composition de l’huile de palme, elle se rapproche par sa composition de l’huile de coco.
COMPOSITION MOYENNE DES ACIDES GRAS DE L’HUILE DE PALMISTE :
Acide laurique 40 à 45 %
Acide myristique 15 à 17 %
Acide oléique 14 à 17 %
Acide palmitique 7 à 10 %
Acide caprique 3 à 5 %
Acide stéarique 2 à 4 %
Acide linoléique 1 à 3 %
C’est donc une huile comestible de type « laurique » contenant surtout des acides gras saturés et très peu d’acides gras insaturés (oléique et linoléique). De ce fait elle rancit très peu et supporte la cuisson mais n’est pas du tout équilibrée d’un point de vue diététique. Elle est semi-liquide en dessous de 20 à 25 °
L’huile de palmiste brut est jaune pale car contenant peu de pigments caroténoïdes, ainsi qu’une faible quantité de tocotriénols et d’α-tocopherol (vitamine E), l’huile raffinée n’est pas colorée.
LES FEUILLES DU PALMIER A HUILE
Le feuillage des palmiers est abondant et parfois utilisés par des tradipraticiens.
Les substances pharmacologiquement actives dans ces palmes sont surtout des composés phénoliques solubles dans l’eau et l’éthanol : tanins et flavonoïdes connus pour leurs propriétés antibactériennes , anti-inflammatoires antidiarrhéiques, asséchant des muqueuses ou des plaies, potentiellement anti-diabétiques.
On peut aussi broyer les folioles de la palme et en extraire un jus considéré comme anti-infectieux, cicatrisant et calmant les diarrhées (mais très astringent)
LA SEVE DU PALMIER A HUILE
Elle n’est pas très facile à obtenir mais possède des vertus médicinales (laxative) et peut se boire diluée ou fermentée (vin de palme et alcool distillé).
LE COEUR DE PALMIER OU CHOU DE PALMIER
On peut extraire sur les palmiers abattus (par exemple trop hauts pour être encore exploités) le bourgeon terminal qui pèse plusieurs kg et est comestible cru. Il apporte des vitamines , des glucides, des tanins et des fibres.
UTILISATIONS
Ces grands palmiers originaires d’Afrique sont surtout connus pour leur huile universellement utilisée dans l’industrie alimentaire, mais les feuilles possèdent quelques propriétés pharmacologiques intéressantes
HUILE DE PALME
L’huile de palme est l’huile la plus consommée dans le monde, sous forme d’huile ou de margarine ou pour la fabrication d’aliments dits « transformés » souvent en remplacement d’autres corps gras plus chers ou moins faciles à utilisés dans l’industrie agro-alimentaire (graisses animales type saindoux ou beurre et autres huiles végétales plus chères ou moins stables chimiquement).
On la trouve donc aussi bien dans des soupes lyophilisées que des pâtes à tartiner, des plats préparés, des fromages, des biscuits salés ou sucrés, des brioches ou du pain industriel etc .. sa présence est souvent difficile à trouver dans la liste des ingrédients (en général sous le terme général d’huile végétale)
C’est aussi une huile « industrielle », servant à fabriquer des savons (sodium palmate) et qui peut également être transformée en carburant pour remplacer le diesel (biocarburant).
L’huile de palme était un composant du NAPALM à la triste mémoire, une arme incendiaire désormais interdite.
Dans les pays producteurs on peut trouver l’huile « brute » ou peu raffinée qui contient encore des caroténoïdes (provitamine A) et des analogues de la vitamine E), elle est alors bien colorée en jaune-oranger parfois un peu rouge. Cette huile est une bonne huile de cuisine mais elle contient peu de corps gras insaturés il faut donc également consommer des amandes, noix ou poissons gras, ou la mélanger à une autre huile végétale (colza, tournesol, maïs, arachide, germe de blé..)
HUILE DE PALMISTE
L’huile de palmiste est le plus souvent extraite par voie chimique (hexane) sa composition la rapproche de l’huile de coco, huile de consommation courante semi-solide quand la température descend en dessous de 20°. Elle est chimiquement stable et parfaitement comestible mais il faut ajouter à la ration alimentaire d’autres lipides insaturés (poissons, noix, autres huiles végétales polyinsturées).
C’est un huile intéressante pour ses propriétés cosmétologiques, protection de la peau, soin des cheveux, des ongles.
FEUILLES DU PALMIER A HUILE
Les palmes sont utilisables pour se soigner car comme beaucoup de feuillages elle contiennent des composés phénoliques potentiellement anti-infectieux , anti-oxydants et asséchants des muqueuses inflammées.
On peut utiliser :
- le jus extrait par pressage des palmes broyées ou écrasées en soins locaux : plaies, brûlures, ulcères, soins de la bouche (gingivite, aphte, infection dentaire en association avec une huile essentielle type clou de girofle par exemple).
- une infusion-décoction aqueuse des folioles de la palme : une poignée de feuilles de la palme dans un 1/2 litre d’eau , ébulition pendant une minute (pour une infusion) et 5 à 10 minutes pour une décoction (plus concentrée).
Pour soigner un diabète de type 2 (une tasse d’infusion 2 fois par jour en complément d’un régime hypocalorique),
3 tasses d’infusion par jour pour calmer une diarrhée (sans fièvre).
La décoction permet de laver une plaie souillée, une brûlure, un ulcère suintant, en gargarisme ou bain de bouche en cas d’inflammation ou d’infection de la bouche ou de la gorge en l’absence de médicaments plus appropriés. C’est un bon cicatrisant
La décoction est très astringente, on évite de l’avaler.
ORIGINE ET CULTURE DU PALMIER A HUILE ELAEIS OLEIFERA

un regime de fruits du palmier a huile
Le palmier à huile ELAEIS OLEIFERA originaire des régions côtières de l’Afrique de l’ouest est maintenant cultivé et répandu dans beaucoup de régions tropicales et équatoriales. Les cultures « industrielles » se rencontrent principalement en Malaisie, Indonésie, Papouasie.
Le développement industriel de ces plantations est à l’origine d’un DESASTRE ECOLOGIQUE car les plantations âgées ( 25 à 30 ans) deviennent improductives ou difficiles à exploiter et de nouvelles surfaces des forêts tropico-équatoriales vierges sont alors déforestées pour y installer de nouvelles palmeraies au détriment de la biodiversité et des animaux sauvages notamment les représentants des derniers grands singes asiatiques (orang outang).
Malgré l’industrialisation de ces plantations, la récolte des régimes est le plus souvent « manuelle ».
Les régimes de fruits sont en général sectionnées depuis le sol quand ils sont « mûrs ».
Selon le CIRAD : <<Les meilleures productions sont obtenues sur des sols profonds. Elles nécessitent 2000 heures d’ensoleillement annuel, plus de 1800 mm de pluie bien répartie toute l’année, des températures moyennes de 28 °C, des températures minimales supérieures à 20 °C et une hygrométrie supérieure à 60 %.
Qu’elles soient familiales ou agro-industrielles, les plantations doivent se fournir en semences sélectionnées auprès d’institutions agréées : pour planter un hectare avec 143 palmiers, il faut commander 200 graines germées.
La fertilisation représente une charge importante dans les coûts d’exploitation, mais elle est indispensable pour optimiser les productions et maintenir la fertilité des plantations.
L’association avec des cultures vivrières ― maïs, manioc, bananier plantain, igname, riz, arachide, gombo, piment… ― est fréquente dans les exploitations familiales pendant les 2 ou 3 premières années improductives du palmier, lorsque son encombrement est encore faible.>>
Le commerce de l’huile de palme et de palmiste est florissant, la demande mondiale en oléagineux augmente régulièrement, certains pays d’amérique du sud possèdent déjà de grandes plantations (Colombie , Brésil) et les Philippines où le cocotier est roi lancent aussi des projets de plantations du palmier à huile soutenus par le gouvernement.
QUELQUES AUTRES PALMIERS A HUILE
Le COCOTIER COCOS NUCIFERA, est très répandu dans les régions tropicales et équatoriales, sa culture est facile et écologiquement acceptable, il se contente d’un sol parfois peu profond et proche de la mer, les cocoteraies sont renouvelables, comme une culture normale, quand les arbres deviennent trop vieux et donc improductifs; on peut associer l’élevage bovin en sous bois des cocoteraies.
ELAEIS OLEIFERA est botaniquement proche de ELAEIS GUINEENSIS, avec lequel il peut s’hybrider, celui-là est un palmier originaire de l’Amérique du sud (ex : Brésil, Guyane) , il est sauvage et parfois cultivé.
ATTALEA OLEIFERA est présent en Amérique du sud, régions côtières et savanes arborées, spontané et cultivé.
ATTALEA MARIPA est répandu dans tout le nord-ouest de l’Amérique du Sud. Il est commun partout en Guyane (MARIPA)
ATTALEA COHUNE est présent en Amérique centrale notamment au Mexique, spontané et cultivé.
ACROCOMIA ACULEATA est originaire d’Amérique tropicale, des Caraïbes, du sud du Mexique au nord de l’Argentine.
il est sauvage et cultivé.
ATTALEA BUTYRACEA est présent dans toute l’Amérique tropico-équatoriale du Brésil au Mexique, il est spontané et
facile à cultiver.
MAURICIA FLEXUOSA est très répandu dans la forêt amazonienne, en Guyane c’est le PALMIER BACHE. il est très utilisé par les Amérindiens et semi-domestiqué.
ASTROCARYUM VULGARE se développe dans les régions de savanes et les zones côtières du nord ouest de l’Amérique du sud. En Guyane c’est l’AWARA.
OENOCARPUS BATAUA est très répandu du Brésil à Panama, en bordure de rivière ou les savanes inondées, en Guyane c’est le PATAWA.
Certains de ces palmiers à huile sont cultivés localement (notamment pour les qualités diététiques de leur huile ou de leur fruit) mais aucun n’est aussi économiquement rentable que le palmier à huile Africain.
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