PHYTO MAGAZINE le magazine de Phytomania

NUMERO 11

Dans ce magazine :

La culture du ginseng

plantes médicinales et théorie du Yin-Yang

Ginseng, cancer, angiogénèse

Sommaire Numero 11



GINSENG ANGIOGENESE ET CANCER

On peut trouver un autre exemple de recherche de convergence entre la médecine traditionnelle Chinoise et la recherche scientifique moderne de type Occidentale dans cet article dont nous donnons une traduction résumée et commentée :

Pharmacogenomics and the Yin/Yang actions of ginseng: anti-tumor, angiomodulating and steroid-like activities of ginsenosides
Chercheurs de Hong Kong et Macao en Chine et Cambridge au Royaume Uni
Chinese Medicine 2007, 2:6doi:10.1186/1749-8546-2-6
https://www.cmjournal.org/content/2/1/6


LE GINSENG (Renshen en Mandarin ) (Panax spsp.)

C'est la plante qui, selon la tradition médicale Chinoise, matérialise dans le monde végétal le corps, le mental et l'esprit humain, utilisée en Chine depuis des millénaires , très étudiée au niveau pharmacologique, et qui fait l'objet d'un commerce international et lucratif.
Les trois principales espèces(il y a un 12 d'espèces) sont cultivées en Asie et dans le continent Nord-Américain.
En Médecine Chinoise, le Ginseng (Panax ginseng) est un tonique général, une plante qui améliore et augmente les performances de l'organisme et ce faisant permet de lutter contre le stress, la fatigue, les maladies dégénératives comme le cancer et le diabète et plus généralement combat les désordres physiologiques liés à l'âge (retarde la sénescence).

LES GINSENOSIDES DU GINSENG

La plupart des études pharmacologiques relient les effets du ginseng à des composés à la structure de stéroides et classés comme saponines : les ginsénosides.
On en connait une trentaine. Ils peuvent interagir aussi bien avec des substances hydrophiles que lipophiles et on étudie leur action sur la membrane des cellules où ils peuvent modifier aussi bien l'action des canaux ioniques que les chaines de transporteurs intermembranaires ou les récepteurs fixés sur la membrane des cellules.
Actions complexes mais potentiellement puissantes.



RAPPEL SUR LE PROCESSUS DE L ANGIOGENESE

La création de nouveaux vaisseaux sanguins (dans un prmier temps un réseau de fin capillaires) est un processus complexe mais assez rapide, sous le controle de substances solubles qui pilotent l'activité de cellules spécialisées ( les cellules endothéliales) dans cette néoformation de vaisseaux (l'angiogénèse).
C'est grâce à ce mécanisme que le foetus peut se nourrir à la suite du développement du placenta, que les plaies se ferment et se guérissent mais aussi que les cancers peuvent augmenter rapidement de taille en créant un réseau de vaisseaux sanguins néoformés qui leurs apporte substances nutritives et oxygène.
Les substances qui activent l'angiogénèse (exemple le VEGF vascular endothelial growth factor ou l'oxyde nitrique = monoxyde d'azote de formule NO) sont régulées, c'est-à-dire que leur "sécrétion" est soit encouragée soit inhibée ou interrompue.

ANGIOGENESE ET PROCESSUS PATHOLOGIQUE

Plusieurs maladies s'accompagnent d'un développement anormal de la microcirculation sanguine , exemples : la rétinopathie diabétique et surtout les cancers.
Les cancers sont des amas de cellules en forte croissance qui ont donc besoin de beaucoup d'"aliments" et d'oxygène. Tant qu'ils restent de petite taille (1 à 3 mm) il peuvent survivre en puisant dans leur environnement tissulaire ce dont ils ont besoin mais leur taille reste limitée, il ne se développe pas.
A un moment ils provoquent la néoformation de vaisseaux sanguins (l'angiogénèse) et leur taille peut ainsi augmenter, le cancer devient alors invasif.
L'inhibition de cette angiogenèse est donc une piste thérapeutique très importante pour essayer d'empêcher le développement des cancers.

EFFETS INHIBITEURS DE CERTAINS GINSENOSIDES SUR L ANGIOGENESE ET LE DEVELOPPEMENT DES CANCERS

Plusieurs ginsénosides sont commercialisés en Chine et Taiwan comme "médicaments anticancéreux", ou plutot comme médicaments qui retardent le développement de certains cancers et limitent les métastases.
Il s'agit des ginsénosides Rg3 et sa forme métabolisée Rh2 (Rg3 Shenyi Jiaonang, et GOOD LIFE ginsenoside Rh2 capsule).
Les chercheurs Chinois pensent que l'effet anticancer est lié à un effet anti-angiogénèse de ces extraits de ginseng, variété rouge (c'est à dire du ginseng passé à la vapeur puis séché).
Des études assez poussées ont montré qu'on pouvait différencier deux types de ginsénosides : certains inhibent l'angiogénèse (ginsénosides Rg3 ou Rb1), d'autres la favorise (ginsénosides Rg1 et Re)
Ces effets opposés correspondent bien à la notion chinoise de l'équilibre du Yin et du Yang, à la notion que ces substances agissent en s'opposant pour obtenir en fait une situation plus stable.
Parmi les espèces de ginseng on peut noter des différences dans la composition des ginsénosides. Ainsi le Panax ginseng (asiatique) contient plus de composés Rg1 à Rb1 que le Panax quinquefolium (nord-américain). Les médecin traditionnels Chinois ont noté cette différence : pour eux le P. ginseng est "stimulant", "chaud", alors que P. quinquefolius est plus "calmant", "froid".



.POUVOIR OESTROGENIQUE DU GINSENG ET INTERACTION AVEC LES HORMONES STEROIDIENNES

Les ginsénosides peuvent agir directement sur la régulation intracellulaire de la sécrétion de plusieurs hormones très importantes : hormones femelles (oestrogène ou progestérone), hormones de la glande surrénale (glucocorticoïde et minéralocorticoïde).
Cette interaction est en partie possible grâce à la structure des ginsénosides qui s'apparente à celle des hormones précitées.
Ce pouvoir est connu des médecins traditionnels Chinois qui préconisent le ginseng pour atténuer les troubles de la ménopause.
C'est aussi une des raisons qui fait que la consommation de ginseng ou de ses extraits doit être limitée dans le temps (pas plus de 3 mois de suite) à cause des effets secondaires possibles du type imprégnation par les corticoides ( exemple : oedème, hirsutisme, trouble de la tension artérielle, anomalies de la glycémie).

Le ginseng et surtout les ginsénosides sont très activement étudiés en Chine, notamment l'interaction des ginsénosides avec les récepteurs cellulaires : au niveau de la membrane cellulaire mais aussi plus profondément à l'intérieur même des cellules.

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